21-02-2018 11:11 - L'Editorial du Calame : Jusqu’où, jusqu’à quand ?

L'Editorial du Calame : Jusqu’où, jusqu’à quand ?

Le Calame - Ha, il ne manque pas de culot, notre ministre de l’Economie et des Finances ! Reconnaître publiquement (sur sa page Facebook, tout de même) que notre dette extérieure équivaut à 73% de notre PIB (sans compter la dette du Koweït), fallait oser ! Bon, c’est vrai, il n’avait pas le choix, notre volubile ministre...

Dans une interview à un site de la place, la semaine passée, avant son arrivée en Mauritanie, le directeur-adjoint du FMI venait d’adresser une mise en garde, à peine voilée, à propos de ce passif qui n’est « pas loin d’atteindre un seuil critique », selon ses propres termes. Il fallait donc parer au plus pressé. Ne pas donner l’impression d’être pris au dépourvu.

Et d’avoir dépensé des milliards pour rien. Des milliards qu’on laissera, de toute façon, comme un boulet, aux pieds, sinon à la gorge, des générations futures. Plusieurs questions : où sont partis ces milliards ?

Tant de dépenses, pour quelques dizaines, voire centaines, de kilomètres de goudrons, plus vite dégradés qu’étalés, des centres de santé sans budget d’entretien et autres infrastructures en telle souffrance de suivi ?

Quel fut la part, en ces investissements sans lendemain, des recettes de l’Etat, longtemps gonflées, ces dernières années, par la hausse des cours des minéraux ? Comment ces records de gains n’ont-ils pu freiner notre endettement ? Enorme gâchis qui n’en finira jamais de dévoiler tous ses secrets… s’il les dévoile un jour.

Le pillage du pays est orchestré à ciel tant ouvert, éventré pourrait-on même dire, à grandes pelles de marchés de gré à gré, en veux-tu en voilà, attribués toujours aux mêmes, qu’on y perdra encore beaucoup trop d’argent à seulement tenter de les recenser… Grand classique du genre : pour s’assurer l’impunité – pire, obtenir l’appui inconditionnel des grands de ce Monde – c’est en milliards qu’il faut spéculer…

Du temps du président civil démocratiquement élu, l’euro coûtait 350 ouguiyas ; aujourd’hui, il est à près de 440. Le dollar valait 250 ouguiyas ; ce matin, 350. L'inflation galope, s’alarment les experts indépendants.

Bref, l'économie est têtue et les vociférations d’Ould Djay n'y peuvent rien, pas plus, d'ailleurs, que les parades du BASEP. Ha, qu’on est bien loin des déclarations du Président, avec ses fameux « Lighaa Chaab », les caisses de la BCM et du Trésor débordantes de devises et d'ouguiyas !

À quoi sert donc d'être au pouvoir, si c'est pour détruire l'économie du pays, ravage à la portée de n'importe quel imbécile ! À quoi sert le pouvoir, si c'est pour emprisonner à tour de bras, excitation à la portée de n'importe quel ravageur ! À quoi sert le pouvoir, si c'est pour mettre sous contrôle judiciaire, parlementaires, syndicalistes, journalistes, brutalités à la portée de n'importe quel excité !

À quoi sert le pouvoir, si c'est pour pourchasser les bâtisseurs et émettre des mandats d'arrêts contre d'honnêtes citoyens, déchaînements à la portée de n'importe quelle brute ! De mal en pis, ce n’est plus seulement contre la décision électorale du peuple que le félon du 6 Août poursuit sa forfaiture, comme le soulignait son regretté cousin, Ely Ould Mohamed Vall.

C’est aujourd’hui contre le peuple lui-même, la Nation tout entière – excepté, évidemment, le petit groupuscule associé à la curée et la meute des efflanqués qui courent après les miettes de l’orgie – qu’il se déchaîne. Jusqu’où ; jusqu’à quand, Ould Abdel Aziz, abuseras-tu de la patience du peuple ?

Ahmed Ould Cheikh



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Commentaires (7)

  • alhagh (H) 21/02/2018 22:09 X

    Quelle honteux palmares; je pense que Aziz doit se resaisir, demttre le gouvernement et organiser de façon consensuemlle des elections présidentielles anticipées sans se presenter! il est permis de rever, non ? mais Aziz, z'il veut encore des jours tranquilles pour lui et sa famille, devrait y reflechir! Quel pays Al Hagh

  • ASSOCIATIONMAINSPROPRES (H) 21/02/2018 15:36 X

    Ahmed, des hommes comme rendent à la presse sa dignité et sa raison d'être. Aziz nous mène vers des lendemains penibles et incertains. Vivement 2019 pour qu'il dégage

  • ahznar (H) 21/02/2018 14:56 X

    Une telle déclaration d'un ministre de finance lue et commentée partout dans facebook et qui vient se heurter au démenti de la BM est inqualifiable. Encore et encore et toujours encore c'est le mensonge qui est inscrit en règle de gaz et pétrole et or. Jusqu'à quand ? Chaque ministre plus ou moins celui des affaires étrangères ( affable,discret par rapport aux autres) s'adonne à la théorie de : le corbeau et le renard.

  • ASSOCIATION MAIN PROPRE (H) 21/02/2018 14:12 X

    Ahmed Ould cheikh, les mauritaniens ne sont plus dupe (***) Avec ce nouveau torchon , vous êtes arrivé au summum de l'indécence en matière de propagande, de mensonge. Mentir, dénigrer, manipuler...etc… tel est devenu votre quotidien ‘’journalistique’’. Ahmed Ould cheikh, vous êtes entrain de salir le métier de journaliste avec vos articles diffamatoires et incendiaires ; votre comportement salit non seulement l'ensemble de la profession de journaliste mais l’image de la Mauritanie. VIVE AZIZ ET VIVE LA NOUVELLE MAURITANIE

  • Bertrand (H) 21/02/2018 13:44 X

    Moi Bertrand je sais qu’en 1986 le dollar US coûtait 86 de nos anciennes et regrettées ouguiyas dont le pouvoir d'achat semble plus important que celui de sa progéniture la MRU. Je sais que tous les régimes qui se sont succédé ont bouffé l'argent public à outrance et que nos hommes d'affaire à commencer par l'ami de notre illustre journaliste, les chrif abdallahi, les noueigued, les bouna mokhtar, les abbs, les bacimbankiste et le pléthore d'homme d'affaires qui accompagnent comme des vautours prédateurs tout régime faible (comme il n'en jamais existé d'autre chez nous), et y compris les feil lahah, les zeinel abidine, les sahraoui, les ghadda (ceux qui ne sont pas en prison) et certains marhoums (défunt) homme d'affaires ou hommes politiques ont tous contribué à la tâche. D'énorme fortune se sont constituées sur le dos du pauvre citoyen. Seulement, je sais que ce régime a laissé des traces (un aéroport, des grands immeubles, des centrales électriques, une armée et des corps qui mangent et boivent et vaquent à leurs occupations ordinanires, des routes, de l'énergie solaires, un toilettage et une modernisation des lois, une jalousie sur notre souveraineté et notre place dans le monde qui nous entoure ... Si endettement il ya eu, une partie de cet endettement passera à la postérité après avoir profité à leurs parents. Avant, il ne restait pas de trace. Le pays s'endettait, mais tout partait, au point que le citoyen à commencer à détester son pays et rêver d’appartenir à un autre pays. Je dis cela par ce que la vérité est bonne à dire et que je me sente bien quand je la dis:"Il faut rendre à Amr ce qui appartient à Amr et laisse à Zeid ce qui appartient à zeid", et ce indépendamment de ce qu'ils ont partagé et surtout de ce qu'ils n'ont pas partagé avec nous.

  • Yii-Caathior (H) 21/02/2018 13:01 X

    Le pillage des richesses du pays à ciel ouvert est devenu une règle de jeu politique pour Aziz actuellement et son successeur demain, c’est une méthode et un mode de gestion Nationale, jusqu’à quand ce pillage va s’arrêter et qui va arrêter ce pillage.

  • Yii-Caathior (H) 21/02/2018 13:01 X

    Jusqu’à ce que ce peuplions se rendent compte et ses laudateurs que le mensonge s’arrête à la porte de la vérité dite et toute nue, jusqu’à ce que Aziz et ses acolytes comprennent que les chiffres disent des vérités et le mensonge le contraire, jusqu’à ce que les mauritaniens comprennent qu’Aziz va laisser une dette à hauteur de 73% de notre PIB.