02-06-2019 01:02 - Felwine Sarr, Restitution et resocialisation des objets

Le Blog du Griot - La restitution des objets pris pendant la période colonial a fait coulait beaucoup d’encre.
Le discours de Macron à Ouagadougou a probablement changé à jamais le cours de l’histoire. La France s’engage à rendre les objets aux pays qui le demanderont et dans la foulée plusieurs pays européens. Pour Felwine Sarr, la marche irréversible, comme l’histoire, elle ne sera pas linéaire, il y’aura des avancées, des reculs, mais c’est inéluctable.
Alors se posent plusieurs questions, comment faire? comment rendre? comment conserver? comment les resocialiser? Dans le travail colossal de Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, un était particulièrement important, celui des camps des anti-restitution qui avancent des arguments, comme l’universalité des objets.
Et l’incapacité des africains à s’en occuper par manque d’infrastructure, entre autres.
Vient aussi la vision des africains de ses objets. Il a fallu d’abord raviver la mémoire, pour faire remonter les souvenirs, et recréer le lien. Comment des objets rituels pourraient être enfermés dans une prison de verre? Quel intérêt d’ailleurs de les ramener si nous ne savons plus les investir de notre point de vue. Se pose la question essentielle de la notion de musée. Faut-il un musée absolument, ou faut-il les remettre dans le rôle originel, ou alors les rendre aux famillex, et communautéx dont-ils sont issus?
Habiter le monde, comment un homme issu d’un pays dont la jeunesse se noie quotidiennement dans la mer, pour atteindre les côtes occidentales, peut écrire un tel livre? Comment redéfinir la vision du monde, rendre le monde habitable par tous y compris par les africains? Imaginez un jeune africain, pour s’instruire, choisit la ville de Hambourg, et que tout le parcours qu’il aura sera semblable à celui d’un jeune Suisse. Habiter le monde, la nouvelle utopie Sarrienne. Repenser le monde, «je suis Sénégalais, c’est un point de départ, ma culture c’est l’humanité et mon habitat c’est le monde».
Nous avons rencontré Felwine Sarr, lors de son passage au salon du livre de Genève.