29-12-2021 08:07 - Sénégal: tollé après le refus d'enterrer une griotte dans le cimetière d'un village

Sénégal: tollé après le refus d'enterrer une griotte dans le cimetière d'un village

RFI Afrique - Plusieurs organisations des droits de l'Homme s'indignent au Sénégal après l’interdiction, par un chef de village, d’enterrer une femme issue de la caste des griots dans le cimetière de la localité.

L'incident s’est passé le 25 décembre, à Pout Dagné, dans la région de Thiès. Une « discrimination » inacceptable pour Sadikh Niass, secrétaire général de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme.

Le refus d'enterrer une griotte dans un cimetière de Pout Dagné, au Sénégal, le 25 décembre n'est pas isolé, d'après la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (RADDHO), la Ligue sénégalaise des droits humains, AfrikaJom Center et Amnesty International Sénégal.

Ces quatre associations soulignent qu’un fait similaire s’était déroulé dans le même village en 2019, et qu'il était « resté sans conséquences de la part des autorités étatiques ».

Sadikh Niass, secrétaire général de la RADDHO, estime qu'« on ne peut pas accepter que, dans un village, on puisse interdire à des habitants d'enterrer leurs morts ». « Il y a ceux qui se font appeler les ''griots'' et il y a les autres, les ''nobles''. Et il se dit que les ''griots'' ne peuvent pas enterrer leurs morts à côté des ''nobles'' car cela pourrait provoquer le malheur dans le village. Ce sont des croyances qui ne sont pas de notre temps », affirme-t-il au micro de Charlotte Idrac.

« Nous lançons un appel aux autorités pour que force reste à la loi. Pour qu'elles se mettent du côté des victimes, et non pas du côté de ceux qui veulent opprimer toute une communauté et leur demander d'enterrer leurs morts à dix kilomètres de la localité. Les édiles religieux ont aussi leur mot à dire, pour affirmer que cela n'a rien à voir avec la culture islamique ou chrétienne. On ne peut pas accepter encore, au XXIe siècle, ces formes de discriminations, ces genres de pratiques d'une autre époque », ajoute Sadikh Niass.





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Source : RFI Afrique
Commentaires : 5
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Commentaires (5)

  • lagoonga (H) 30/12/2021 18:50 X

    Attention revoyez bien la véracité de cette information, surtout quand il s'agit de la source qui l'a publiée.

  • pingpong (H) 29/12/2021 18:31 X

    C'est triste je pensais que les wolof avaient dépassés ce genre de pratiques moyenâgeuses des autres communautés Mauritaniennes. On n'a pas encore atteint la lumière au bout du tunnel https://www.youtube.com/watch?v=bAmDtW54Zgg

  • mystere1 (F) 29/12/2021 16:38 X

    Avec cet article, voilà une preuve, d'acte de démocratie, et humanisme de nos voisins sénégalais, qui refusent en général, le féodalisme, ségrégation sociale, c'est l'un des pays africains, Maa Sha Allah, où l'on voit la stabilité, et dialogue religieux, la cohésion sociale, dont chaque quartier, région, ville etc... on ne distingue pas qui est qui, ou quelle ethnie ou tribu vit dans cette région ! bien vrai, que il y reste quelques petits esprits tordus, attardés, des temps anciens, à l'esprit supersticieux, qui croient encore jusqu'à nos jours, ces genres de choses mystiques, car on taxe souvent le griot, forgeron par exemple en négativité ! or cela doit être banni, on est tous des humains, en particulier des musulmans, ainsi, un vrai croyant(e) ne doit pas avoir ces genres de mentalités tordues, c'est en quelques sorte, une manque de foi en Dieu, bref, un article ou leçon de morale, dont les mauritaniens, doivent prendre note, car notre pays, est l'exemple exacte et expert, en l'art de privilégier le côté tribal, clan, et autres du genre ! alors qu'on se nomme une RIM, c'est contradictoire, même si en haut, c'est de la fausse cohésion sociale, voilà la vérité, qu'Allah nous Guide, Sauve et Pardonne.

  • Terrier (H) 29/12/2021 12:42 X

    Je pense aussi que si les maires étaient sédentarisés, ils auraient pu avoir la même conduite à l’égard des ´´ basses’’ classes ! Mais le nomadisme empêchait justement ce genre de pratiques , là où le monsieur crève il y est enterré ! En plus , l’image du griot est beaucoup plus molestée chez la composante negro-Mauritanienne que chez celle des maures contrairement au forgeron qui présente un cas inversé je pense chez les deux composantes !!

  • Terrier (H) 29/12/2021 12:36 X

    Cette pratique moyenâgeuse, c’est chez nous que les sénégalais s’en ont probablement inspiré ! Je l’ai vu dans la wilaya du Gorgol en particulier à Bababé et ses villages environnants et on m’aurait dit que s’est pratiqué encore à Boghé, Kaedi et selibaby ! Les autorités doivent bannir ce genre de comportement inadmissible et rétrograde à l’aube du 21’siecle !!