23-07-2023 19:31 - A Rome, le président mauritanien Ghazouani invite à renforcer l’appui de la lutte contre la migration
EN BREF | #Cridem – Ce dimanche 23 juillet, Rome a accueilli à la Conférence internationale sur le développement et la migration, organisée à l'initiative de la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni.
Plusieurs dirigeants y ont participé : le Président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, le Président tunisien Kais Saied, le Président des Émirats arabes unis, Mohamed bin Zayed al-Nahyan.
Dans un discours prononcé à l’ouverture de cette rencontre, le dirigeant mauritanien a rappelé que son pays, pays d’origine, de transit et de destination, faisait face aux défis multiples de la migration.
« La Mauritanie accueille sur son territoire environ cent mille réfugiés parmi nos frères maliens auxquels s’ajoute une importante population d’immigrés de nationalités diverses qui exercent sur notre pays une pression considérable, essentiellement d’ordre économique, sécuritaire et sociologique », a-t-il indiqué.
« En outre, en tant que pays de transit la Mauritanie fait face à une vague d’immigration clandestine en direction de l’Europe via l’Espagne. Elle tente de contenir cette vague en intensifiant la surveillance et le contrôle de ses frontières, en renforçant les services de police et des gardes côtes, aussi bien en termes d’effectifs, d’équipements que de formation. Nous bénéficions dans ce cadre d’un appui de nos partenaires qui gagnerait à être significativement renforcé », a ajouté Ould Cheikh Ghazouani.
Le président mauritanien a également rappelé que son pays connait aussi une vague d’émigration dans les rangs de sa jeunesse.
« Face à ce phénomène, elle travaille à lutter contre le chômage, l’exclusion et la pauvreté à travers la mise en place d’importants filets sociaux, le renforcement de la protection sociale adaptative, et celui des programmes de lutte contre la pauvreté, de relance de la croissance économique, de la formation professionnelle et de l’employabilité des jeunes. »
« Toutes ces stratégies et programmes requièrent d’importantes ressources financières. Nous sommes conscients en Mauritanie que la solution durable au problème de la migration procède d’une responsabilité collective. »
Après avoir dressé ses constats, le président mauritanien a notamment insisté sur le fait que « la perspective sécuritaire et de contrôle de flux, ne peut constituer une solution durable aux complexes problèmes liés à la migration ».
« Il va donc falloir, en urgence, prendre en considération, dans un esprit de solidarité agissante, la question du changement climatique, de la pauvreté et de l’exclusion en accordant une attention particulière aux cas des pays et régions confrontées à des situations économiques, politiques et sécuritaires critiques en vue de mieux les accompagner », a noté Ghazouani.
La Première ministre italienne Giorgia Meloni avait ouvert la conférence en fixant les priorités de ce qu’elle appelle « le processus de Rome ». « Lutte contre l’immigration illégale, gestion des flux légaux d’immigration, soutien aux réfugiés, et surtout, la chose la plus importante, sinon tout ce que nous ferons sera insuffisant, une large coopération pour soutenir le développement de l’Afrique, et particulièrement des pays de provenance » des migrants, a-t-elle listé.
En d’autres termes, Rome entend promouvoir un nouveau mode de coopération entre pays d’immigration et pays d’émigration, sur le modèle de l’accord signé par l’Union européenne avec la Tunisie dans le but de freiner l’arrivée de migrants sur le Vieux continent.
Parmi les personnalités présentes, il y’avait la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Charles Michel, le Haut-commissaire du HCR, Filippo Grandi, et des délégués des grandes institutions financières internationales.
Etaient également représentés par leurs chefs de gouvernement Malte, l’Égypte, la Libye, l’Éthiopie, la Jordanie, l’Algérie, le Niger, le Liban, tandis que d’autres, comme la Grèce, la Turquie, le Koweït ou l’Arabie saoudite, ont envoyé des ministres.
Selon l’ONU, plus de 100 000 migrants sont arrivés en Europe au cours des six premiers mois de 2023 par la mer, depuis les côtes nord-africaines, la Turquie et le Liban. Ils étaient un peu plus de 189 000 en 2022.
« Par conséquent, la réponse appropriée à ce défi, commun à tous les gouvernements, passe, nécessairement, par une approche commune et l’élaboration de solutions globales concertées et collectivement mise en œuvre », a soutenu Ghazouani.
« Il nous faut davantage mettre en œuvre des politiques pertinentes de développement, de lutte contre la pauvreté et de renforcement de la résilience des populations », a-t-il enfin noté.
Par Babacar BAYE NDIAYE, Rome
Pour Cridem
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