17-05-2024 10:20 - Cosumar en lice pour remporter un gros contrat en Mauritanie

Cosumar en lice pour remporter un gros contrat en Mauritanie

Le Matin - Le groupe marocain Cosumar se positionne parmi les principaux candidats pour développer un ambitieux projet agro-industriel de production de sucre en Mauritanie. Estimé à environ 350 millions de dollars, cet investissement stratégique viendra répondre à la demande croissante de sucre en Mauritanie, qui est considérée comme le premier consommateur africain de ce produit.

Quatre sociétés sont en lice pour décrocher ce grand projet intégré qui sera développé selon un contrat de partenariat public-privé. Cosumar confirme sa volonté de devenir un acteur sucrier majeur en Afrique. Le groupe marocain est parmi 4 sociétés candidates à développer et exploiter un projet de complexe agro-industriel de production de sucre en Mauritanie.

Ce projet intégré d'envergure, qui inclue toute une chaîne de production de sucre raffiné de haute qualité, est estimé à environ 350 millions de dollars. Il trouve sa justification dans le fait que la Mauritanie est le premier consommateur africain de sucre et le cinquième au niveau mondial, avec une consommation moyenne estimée à environ 200.000 tonnes par an, satisfaite par l’importation.

Pour répondre à cette demande croissante, la Compagnie mauritanienne de sucre et dérivés (COMASUD) a été créée en 2012 afin d’exploiter la potentialité de la culture de canne à sucre dans la zone de Foum Gleita (au sud du pays). Le périmètre sera irrigué à partir des eaux de la retenue du barrage du même nom, dont la capacité est de 500 millions m3 /an, extensible à 1100 millions m3.

Depuis sa création, la COMASUD a réalisé plusieurs études de faisabilité technique, économique et financière et a fait installer une pépinière expérimentale dans la zone du projet dont les conclusions ont confirmé la faisabilité du projet.

C’est dans ce cadre que cette compagnie mauritanienne, relevant du Département de l’Agriculture, avec l’appui du ministère de l’Économie et du développement durable, a lancé un dialogue compétitif précédé d’une préqualification afin de sélectionner un opérateur privé pour la réalisation et l’exploitation en PPP d’un projet de complexe agro-industriel de production de sucre à Foum Gleita.

Le 6 mai 2024 s’est tenue dans les locaux de la COMASUD une réunion du Comité de dialogue compétitif. Elle a été dédiée à l’ouverture des plis contenant les dossiers des sociétés qui ont répondu à l’avis de préqualification.

Les contours du projet mauritanien de complexe agro-industriel de production de sucre

Outre le marocain Cosumar, la liste des sociétés candidates à remporter ce gros contrat agroindustriel comprend Kay Bouvet (Inde), Albadri Power ( Soudan) et Bin Sammar (Arabie saoudite).

Le projet de complexe agro-industriel de production de sucre disposera d’un foncier couvrant une superficie globale de 17.000 hectares. Il comprend deux composantes : agricole et industrielle.

Le volet agricole porte sur la mise en place d’un système d’irrigation efficient et la production de canne à sucre sur un périmètre irrigué de 8.000 hectares. La composante industrielle, elle, vise l’installation d’une usine qui permettra de produire environ 106.000 tonnes de sucre blanc raffiné par an. Il est également prévu la production d’électricité et de différents dérivés (éthanol, aliments de bétail, fertilisants, etc.).

Le titulaire du contrat PPP sera en charge de la conception, du financement, de la réalisation, de l’exploitation et de l’entretien et maintenance de l’ensemble du périmètre constituant le projet. Il sera autorisé à exploiter techniquement et commercialement les deux composantes du projet.

Il se rémunèrera à partir des recettes qui seront générées par la vente de sucre et des différents dérivés. Le contrat PPP sera d’une durée de 30 ans. La procédure de passation sera conduite à travers une phase de préqualification suivie d’un dialogue compétitif. Elle sera menée par le «Comité de dialogue», constitué par des représentants du ministère de l’Agriculture, de la COMASUD et de la direction des PPP du ministère de l’Économie et du développement durable.

Ce Comité évaluera les offres et conduira les discussions avec les candidats préqualifiés sur tous les aspects du projet. Le Contrat sera attribué à l’offre économiquement la plus avantageuse.

Le géant marocain Cosumar reste un candidat fiable et solide L'investissement initial de Cosumar dans Durrah ( Arabie saoudite) a permis de démontrer sa capacité à réaliser des projets industriels majeurs «Green Field» à l'international. Pour rappel, Cosumar a cédé l’intégralité de sa participation dans Durrah, une opération visant le renforcement de sa stratégie de développement au Maroc ainsi qu’un repositionnement à l’échelle internationale.

Cosumar est le principal opérateur sucrier du Maroc, assurant la satisfaction des besoins en sucre de plus de 37 millions de consommateurs, ainsi que l'approvisionnement des industries agroalimentaires. En tant qu'agrégateur présent dans cinq régions du Royaume, Cosumar contribue également au développement durable du secteur agricole, en valorisant la production de canne et de betterave à sucre de 80.000 agriculteurs. Modèle d'Agrégateur agricole, le groupe a été notamment récompensé par la FAO.



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Commentaires (5)

  • ouldsidialy (H) 18/05/2024 12:59 X

    @ nabuchodonosor : Une filière agro-industrielle est tout sauf EL DJENNA...... L'Algerie est aujourd'hui un des plus gros importateurs de sucre en Afrique et l'un des pays les plus dépendants des fluctuations du marché mondial du sucre. L'Algérie raffine la quasi-totalité de ce sucre roux d'importation et subventionne massivement la consommation locale du sucre blanc obtenu chez elle..........L'Algérie n'a pas fait l'erreur de se lancer dans la production de betteraves ou de canne sucrière. Elle a l'avantage d'être proche de l'Europe, dont la betterave lui donne la possibilité de faire jouer la concurrence des fournisseurs de sucre avec celui provenant de la canne à sucre qui vient de plus loin. L'Algérie a pris divers risques qu'elles payent pour certains d'entre eux, mais ils ont été limités par 2 avantages dont ne dispose pas la Mauritanie: Un Marché intérieur de grande taille. Pour une production de 2 millions de Tonne, on s'en sort souvent mieux que pour un marché intérieur et de REEXPORTATION estimé à 200 mille tonnes en Mauritanie. Le deuxième avantage est que beaucoup de projets dans les pays pétroliers sont des gouffres économiques qui ne paraissent pas problématiques parce qu'ils sont en permanence comblés par des camions-bennes de dollars. L'arabie Saoudite a pu produire des millions de tonnes de blé dans les années 1990 et était devenu un des premiers exportateurs-donateur de blé au monde.... du blé le plus cher du monde ! Cela ne s'est pas remarqué en tant que catastrophe économique ( ce qui était le cas) mais seulement en tant que danger environnemental. ( épuisement des nappes phréatiques). L'Arabie a stoppé dans la décennie 2010 un certain nombre de ses délires en autosuffisance alimentaire, dont la production de blé....... Les Saoudiens ressemblent beaucoup aux sahélo-sahariens. Ils vivent dans le désert. Dans leur langue, le paradis ce dit djenna ( jardin). La couleur verte est celle de l'espoir, du bien-être. Ils ont découvert les lois de l'économie moderne presque en même temps et gardent des innocences économiques similaires................. Il existe néanmoins un traumatisme africain que les Arabes du Moyen-Orient ne partagent pas.......... L'agriculture africaine a été ruinée et disloquée par les routes maritimes et le primat des cultures de rente...... Un pays comme la côte d'ivoire est "naturellement" autosuffisant en produits agricoles et il est virtuellement en position de le redevenir; mais il ne peut pas se nourrir à cause du Cacao.......... Ce n'est pas le cas de la Mauritanie. Les Mauritaniens ont bien entendu droit à la Djenna au ciel comme sur la terre. A eux de trouver leur espace vert PRAGMATIQUEMENT.

  • nabuchodonosor (H) 17/05/2024 16:27 X

    Selon Wikipédia : Qui est le premier pays producteur de sucre ? Le premier producteur, le Brésil, est le premier exportateur. Les deuxième et troisième producteurs, l'Inde et l'Union Européenne, sont les deux premiers consommateurs. Les autres grands producteurs de sucre sont la Chine, la Thaïlande, les États-Unis et le Mexique. Quelle est la plus grande raffinerie de sucre au monde ? La raffinerie de sucre du groupe algérien Cevital produit 2,7 millions de tonnes de sucre par an, ce qui en fait la raffinerie la plus importante au monde. Cette raffinerie a doublé ses exportations de sucre blanc en passant de 377 000 tonnes à 600 000 tonnes en 2012 Le moins peuplé de ces pays compte 50 Millions d’habitants (10 fois la Mauritanie). La consommation locale sera négligeable dans la dimension du projet.

  • ouldsidialy (H) 17/05/2024 15:19 X

    PRENDRE LE TEMPS DE COMPTER N'EMPECHE PAS DE DEPENSER

    Les Etats ont le droit et même le devoir de subventionner toutes sortes de choses. Une réalisation fût-elle rentable, peut engendrer un surcroit de dépense publique qui dure longtemps. Il n'est pas interdit d'en tenir compte, sans pour autant réfréner l'enthousiasme du peuple pour tout ce qui lui évoque le "développement".

    LE GASPILLAGE est un interdit MORAL mais pas ECONOMIQUE:

    Les mauritaniens ont gaspillé leur agent pendant 35 ans avant d'obtenir une production significative de riz. Il ne faut jamais méconnaitre les bonnes surprises du hasard. La production de canne à sucre économiquement viable ne prendra peut-être pas 30 ans. Qui sait?............... De toute façon le gaspillage n'est jamais perdu pour tout le monde et peut avoir des retombées positives imprévues.

    Pour la décennie à venir, le sucre mauritanien sera pour l'essentiel du sucre brut centrifugé importé. Il se concrétisera par une raffinerie. Si au bout de 5 ans de mise en service, ce raffinage couvre 10 % de la consommation du pays, on pourra le considérer comme une réussite en production , pour le reste, on peut patienter!.................Il est connu que dépenser moins revient souvent à payer plus cher. De ce point de vue, l'investissement de 350 millions de dollars seulement, est inquiétant.

    Quand on sait qu'une part de cet investissement est annoncée pour la production agricole de canne à sucre, la raffinerie risque d'être sous-dimensionnée. Les volumes de ventes pourraient ne pas lisser les coûts de production; à moins d'augmenter considérablement les futures subventions.............................

    L'ordre international du commerce, indique que pour cette raffinerie il faudra "protéger" la production et le marché local......... On peut le faire par une augmentation du prix du sucre. Mais Cette chose-là se fait en Afrique par la qualité des produits et non leurs prix.......... On peut jouer sur les tarifs douaniers à la baisse pour les intrants et à la hausse pour le produit concurrent importé. Dans un cas, on subventionne par renoncement à des recettes, ce qu'il faut inclure dans le prix de revient du projet pour l'Etat. L'augmentation des tarifs douaniers quant à eux est rapidement contrainte par les règles du commerce international et la contrebande....................L'Etat payera donc le sucre de la future raffinerie à travers les CONCESSIONS aux investisseurs et les subventions directes à la consommation. En tenir compte par avance n'interdit pas de le faire. Il s'agit juste de le préméditer.....................

    VIVRE DANS L'ESPOIR N'OBLIGE PAS A TOUT ESPERER

    Il y a une évidence normalement connue de tous : produire localement n'a jamais été synonyme d'une économie en devise pour un pays et encore moins l'équivalent d'un instrument pour améliorer sa balance commerciale............. Le dimensionnement de la raffinerie, la part locale dans le processus de fabrication du sucre, le cout des facteurs de production préexistants et les coûts surajoutés importés ainsi les valeurs ajoutées réelles; sont à connaitre pour se prononcer................

    Les mauritaniens devraient faire le calcul pour les 5 ou 6 unités d'ensachage de Clinker existantes et qu'ils appellent "cimenteries" ; qu'elles ne sont pas. Ils comprendraient mieux!.........

    Au fait, il coute combien le sac de ciment à Nouakchott?

  • nabuchodonosor (H) 17/05/2024 12:56 X

    De par l’envergure, l’expérience et la capacité des sociétés candidates, il n y a pas photo : Kay Bouvet (Inde)) et Bin Sammar (Arabie saoudite) sont de loin les plus qualifiées (avec une avance certaine pour les indiens). En plus, après les mauvaises expériences des contrats avec Mauritel et Chinguitel (Mauvaise qualité de service, mauvaise gestion, médiocre image, omniprésence du personnel expatrié au détriment des mauritaniens), les candidats des pays arabes risquent d’être pénalisés afin d’éviter de revivre des expériences similaires

  • ouldsidialy (H) 17/05/2024 11:37 X

    Après la filière Lait et le blé voici arriver la création ex nihilo d'une filière sucre.Je soutiens l'intelligence et l'esprit d'à propos des Marocains qui savent agréger le savoir-faire des multinationales avec le leur et répondre à la demande de tous ceux qui ont de l'argent et des ressources à gaspiller.