12-07-2024 13:06 - Mauritanie: crise post-électorale, Birame Dah Abeid continue de rejeter la victoire de Ghazouani, mais reste ouvert au dialogue

Mauritanie: crise post-électorale, Birame Dah Abeid continue de rejeter la victoire de Ghazouani, mais reste ouvert au dialogue

Le360afrique - Biram Dah Abeid, candidat classé deuxième au scrutin présidentiel du 29 juin 2024, avec 22,10% des suffrages, remporté au premier tour par Mohamed Cheikh El Ghazouani, crédité de 56,22% des voix, a déclaré son rejet des chiffres officiels, définitifs, proclamés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et le Conseil Constitutionnel, pour «fraude massive».

Cependant, il reste ouvert à un dialogue avec les autorités, dans l’objectif d’une refonte de toutes les institutions impliquées dans la gestion du processus électoral.

Le candidat malheureux à l’élection présidentielle du 29 juin dernier, Biram Dah Abeid, a tenu le mercredi 10 juin un point de presse au cours duquel Il a invité ses partisans à rester mobilisés pour des manifestations et des protestations pacifiques, actions reconnues comme un droit constitutionnel, par rapport auquel l’administration est tenue de prendre des dispositions pour permettre un exercice effectif.

Il a par la suite vivement dénoncé «de multiples cas de fraudes» opérés dans des localités isolées «avec des votes à 100% attribués au candidat du pouvoir».

Birame a aussi dénoncé l’attitude radicale du camp de Mohamed Cheikh El Ghazouani, les violences à l’origine de morts dans la ville de Kaédi et de plusieurs centaines d’arrestations dans d’autres localités.

Le député abolitionniste, plusieurs fois candidat malheureux à une élection présidentielle, a par ailleurs vivement condamné l’attitude des Etats-Unis, de la France et de l’Europe «qui ont choisi de reconnaitre et soutenir le camp de la fraude et de la dictature, contre le peuple mauritanien».

Un choix incohérent, qui expliquerait en grande partie la colère des peuples du Sahel contre les puissances occidentales, à l’image de ce qui se passe au Mali, au Burkina Faso et Niger.

Dans la perspective d’un éventuel dialogue avec le gouvernement, Birame Dah Abeid réclame une réforme en profondeur de toutes les institutions dédiées à la gestion du processus électoral, à l’image de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et d’un Conseil constitutionnel, deux institutions «vampirisées et vassalisées» par le pouvoir exécutif.

Par Amadou Seck (Nouakchott, correspondance)





Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 1
Lus : 2212

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (1)

  • ouldsidialy (H) 12/07/2024 19:11 X

    1) Biram vous représentez une nouvelle génération politique. Les opposants du passé décrétaient des crises politiques permanentes afin de faire du dialogue "consensuel et processuel" entre politiques et loin du peuple. Ils pouvaient se le permettre parce qu'il n' y avait pas d' OPINION !. C'était le temps où l'on pouvait parler au nom de tous sans avoir besoin de réunir grand monde! Il reste quelque chose de cette culture politique vieillie mais rien de viable quand on a une ambition de dimension nationale........................................

    Biram, vous détenez votre légitimité d'une réelle rencontre avec une partie du peuple dans sa diversité. Votre mouvement est le second à le faire , dans le temps; après les frères musulmans: c'est votre force politique et votre talon d'achille. ..........................................

    Chercher une crise est risqué pour quelqu'un qui représente quelque chose. Si vous établissez par l'échec de vos appels, que vous ne pouvez pas induire une crise, alors vous devenez un " chef de bandes" au lieu d'un leader national. Les troubles à l'ordre public vous mettent en tort, alors que vous n'avez pas tort sur tout................................. Vous n'avez pas le confort des politiciens du passé qui pouvaient décréter la crise sans risque qu'un âne ne brait.

    2) Biram, cher biram, les revendications socialement justes ne se défendent pas par les postures impériales: vous ne pouvez pas décider d'avoir "votre CENI". Décider que les pays de l'OTAN agissent selon vos bons ou mauvais points; vous n'êtes pas en position de décider de l'opportunité et du moment d'un éventuel dialogue. etc..................................................

    3) Biram les postures empreints ne convainquent pas: Ghandi n'est pas dans votre ADN. C'est en étant vous même que vous avez gagné votre crédit auprès de certains mauritaniens.................................................

    A vous de choisir: leader de dimenssion national ou chef de bandes.