19-08-2024 11:51 - Profil de cas : el Housseine Ould Meddou, une promotion qui se justifie

Profil de cas : el Housseine Ould Meddou, une promotion qui se justifie

Mohamed Ould Chighali - La mise en place du gouvernement du second mandat de Ould El Ghazouani a réservé bien des surprises. Des ministres partis qui ne le devaient pas, des ministres rentrés auxquels on ne s’attendait pas vraiment.

Parmi ces ministres auxquels on ne s’attendait vraiment pas, il y’a d’abord le premier, (Ould Diaye) dont la confiance que lui a accordé Ould Ghazouani a déjoué tous les pronostics possibles et imaginables. Mais aussi il y’a ceux dont la nomination nous a réservé une agréable surprise comme celle de El Housseine Ould Meddou éjecté de son fauteuil de président de la HAPA pour atterrir sur celui de ministre.

De mon avis c’est une juste récompense. Une récompense méritée pour ce benjamin du gouvernement de Ould Diaye, un intellectuel mais surtout un responsable qui s’est toujours montré à la hauteur de la mission-test qui lui a été confiée tout au long de ses fonctions de président de la HAPA, la Hapa une de ces hautes autorités politiques de notre pays.

Il faut reconnaitre à ce jeune cadre enveloppé de diplômes supérieurs de références (Doctorat d’Etat entre autres) que c’est lui qui a élevé la HAPA cette honorable institution à un niveau académique et diplomatique qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait réussi à atteindre.

Derrière un sourire toujours jovial, un sourire qui fait sa particularité, El Husseine Ould Meddou s’est faufilé longtemps dans les couloirs des organes de presse les plus populaires et les plus prestigieux pour donner une valeur ajoutée au professionnalisme et à l’éthique des jeunes qui s’étaient lancés en masses dans le secteur les années 1980.

Ascension fulgurante justifiée.

Fer de lance de l’innovation médiatique, Ould MEDDOU est pour tous les gens du métier de la presse, une personnalité respectable et respectée, même si parfois, indépendamment de sa volonté, il ne joint pas l’acte à la parole.

Appelé à la tête du département en charge aussi de la communication, cet excellent journaliste, qui connait le champ médiatique dans ses moindres détails et qui connait la profondeur de ses problèmes, doit livrer une très grande bataille pour redorer le blason de Ould Ghazouani, un président très bas dans les sondages et, « mutilé » politiquement par des performances médiocres laissées en héritage par certains ministres des gouvernements qui se sont succédés.

Le nouveau ministre doit avant tout peut être trouver une solution définitive à ces « microbes » parfois indésirables et d’aucune utilité qui infestent au quotidien la toile de presse publique comme prestataires de services et dont l’intégration à la fonction publique pose de sérieux problèmes pouvant remettre en cause les évaluations budgétaires de ces établissements qui sont la radio, la télévision nationale, l’Agence Mauritanienne d’Information et l’Imprimerie nationale trois organes devenus depuis quelques années un véritable dépôt d’ordures pour une presse de moins en moins performante.

Evidemment donc, le ministre est attendu sur ce terrain glissant et parsemé de difficultés liées à des contraintes financières que pourraient entrainer un recrutement massif d’agents sans intérêt réel pour les performances de ces organes de presse.

Avec Ould Meddou à la tête du département de la communication, de mon avis le gouvernement a intérêt à faire entière confiance à ce professionnel de la communication audio-visuelle et lui confier en toute indépendance de rechercher et de trouver les solutions pour adapter la ligne éditoriale de la presse publique aux avancées des libertés de la presse dans le monde.

La Presse publique mauritanienne est malade. Elle patine depuis 1960 en faisant du surplace dans l’exploitation et la diffusion de l’information, ce qui la rend archaïque, d’une part, peu crédible, en déphasage complet avec la presse nationale indépendante, et déboitée par rapport à la presse internationale libérale.

A 51 ans, Ould Meddou fait face à un défi énorme, un défi qui va jauger ses capacités d’aller de l’avant dans la trajectoire de la ligne de mire qu’il s’est toujours fixée. Celle de faire aussi, de la presse de chez nous un moyen et un outil de développement adaptés à la réalité de la conjecture nationale et internationale.

Une université ambulante.

Licence en Lettres, obtenue à l’Université d’Alger, il y’a 28 ans, Maitrise en Droit, Doctorat de troisième cycle en Sciences de l’Information et de la Communication, El Housseine Ould Meddou est à lui seul une faculté des sciences de la Presse, que celle-ci soit parlée ou qu’elle soit écrite.

Inverseur de langue française à la langue arabe et inverseur de la langue arabe à la langue française, ce jeune technocrate né dans une région coincée entre le Hodh El Charghi et le Brakna, est le plus brillant journaliste que j’ai connu ces cinquante dernières années.

Très poli, très bien éduqué, incapable de dire non, (même lorsqu’il sait que la réponse n’est pas oui), Ould MEDDOU est un espoir de la jeunesse en voie de développement. Il est capable d’aller jusqu’au bout de son projet ambitieux, celui de faire de la presse mauritanienne un joyau de la sous-région.

Reste maintenant à savoir, si le sourire qui illumine le visage angélique d’un journaliste hors pair, va laisser place à une fermeté qui lui permettra de traiter le mal qui gangrène la presse mauritanienne étouffée par des médiocrités de tous genres qui se positionnent en force au-devant de la scène des médias auxquels ils sont le plus souvent étrangers.

Celui qui a usé ses souliers en parcourant les couloirs du Ministère des Affaires Etrangères et de la Santé (2000 et 2004), écrivain Journaliste, qui fut directeur de plusieurs médias nationaux et internationaux pourra t’il faire appliquer dans les faits les recommandations des Sciences de l’Information et de la Communication qu’il enseignait à l’Ecole Nationale d’Administration, de Journalisme et de Magistrature ?

La question est là. Cet homme qui baigne maintenant dans son « habitacle naturel », celui de la Culture, des Arts et de la Communication, pourra-il porter la parole cette fois au gouvernement pour faire entendre les cris d’une presse qui souffre d’une sous-estimation par une junte militaire transformée en une secte politique ?

Mohamed Ould Chighali
Journaliste indépendant



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 3
Lus : 1812

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (3)

  • pyranha (H) 19/08/2024 20:53 X

    Buwuelm, vous avez raison y a longtemps que notre ami Chighaly avait disparu et comme vous le dites, nous le souhaitons que cela ne fut pas par problème de sante. Ce Mr qu'il félicite de sa competence est un inconnu pour moi .Mais la Happa pour moi ne représente rien , la médiocrité est incontestable. Plein de TV devraient être supprimées et celles qu'on refuse , acceptées.le débat est long.

  • Buwuelm (H) 19/08/2024 19:15 X

    Al حamdu lillâhi. O. Chighali nous revient, après près de neuf mois et demi d’absence sur les pages de CRIDEM. J’espère que c’était pour des raisons professionnelles, et surtout pas de santé. Qu’Allah le préserve ! J’avais hâte de retrouver ses « Profil de cas » et « Point de mire ».

    Comme d’habitude, je dépèce tout texte qui se présente à moi et celui-ci n’échappe pas à la règle. Les mots ont leurs sens et leurs poids. Tout dépend du contexte dans lequel ils sont utilisés. En ce qui concerne les compétences de Monsieur El Houceine Ould Meddou, elles sont incontestables. Ce n’est pas cela le problème.

    Au cours du survol de cet article, j’ai été marqué par UNE phrase du TROISIÈME paragraphe : J’ai pensé aux AUTORITÉS ADMINISTRATIVES INDÉPENDANTES et aux AUTORITÉS PUBLIQUES INDÉPENDANTES, mais le terme « LA HAPA UNE DE CES HAUTES AUTORITÉS POLITIQUES DE NOTRE PAYS », m’a intrigué. En effet, cela signifie que cette dernière ne pouvait pas être neutre, puisqu’elle « roulait » pour quelqu’un de bien défini. Si j’ai bien compris, la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel était au service de l’État, et le reste encore ; ce qui est contraire à sa mission.

    Les passages suivants, parmi tant d’autres, parus en Février 2016, dans un journal de la place, sèment le doute :

    1) « POURQUOI LE MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR SOUMET LES ACTIVITÉS DES PARTIS POLITIQUES À DES AUTORISATIONS ? »

    2) « QUAND UN JOURNALISTE EST TRAÎNÉ EN JUSTICE POUR AVOIR ÉCRIT UN ARTICLE, QUAND UNE ÉMISSION RADIOPHONIQUE EST ARRÊTÉE PARCE QUE LE CONTENU NE PLAÎT GUÈRE EN HAUT LIEU, QUAND UN PROGRAMME TÉLÉVISÉ EST SUSPENDU POUR LES MÊMES RAISONS, LA LIBERTÉ DE PRESSE EST UN VAIN MOT. CELA SIGNIFIE QUE LA HAUTE AUTORITÉ DE LA PRESSE ET DE L’AUDIOVISUEL « RÉGULE » LE CHAMP MÉDIATIQUE AVEC LES YEUX ET L’OUÏE DU POUVOIR, DONT ELLE CONNAÎT L’HUMEUR, DONT ELLE SAIT LES RÉACTIONS PAR RAPPORT À TELS OU TELS PROPOS ».

    3) « QUAND LA HAPA HAPPE LES JOURNALISTES, ELLE SE COMPORTE À LA MANIÈRE D’UN CHIEN DE GARDE DU POUVOIR DONT ELLE SERT DE SENTINELLE EN ÉTAT DE VEILLE, À L’AFFÛT. LES SORTIES LIBERTICIDES DE LA HAPA SE MULTIPLIENT, COMME CELLES DU MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR, QUI A TRANSMIS À L’ENSEMBLE DES HÔTELS UNE CIRCULAIRE LEUR INTIMANT D’EXIGER DES PARTIS POLITIQUES UNE AUTORISATION POUR L’ORGANISATION DE LEURS ACTIVITÉS. AINSI, NOS ACTIVITÉS EN TANT QUE JOURNALISTES PASSENT À LA TRAPPE ».

  • habouss (H) 19/08/2024 19:07 X

    J'ai connu ce monsieur au moment du gouvernement de transition, il mérite d'abord l'administration par son éducation, sa simplicité et son intelligence. Félicitations à lui.