30-06-2026 00:00 - Mohamed Bouya critique la politique sociale de l’État : « Les 249 milliards d’ouguiyas auraient pu transformer durablement le pays »

Mohamed Bouya critique la politique sociale de l’État : « Les 249 milliards d’ouguiyas auraient pu transformer durablement le pays »

SHEMS MAARIF - Le député Mohamed Bouya a vivement critiqué la politique sociale du gouvernement, remettant en cause l’efficacité des aides financières distribuées par l’État au profit des ménages les plus modestes.

Selon lui, la question essentielle est de savoir si les 249 milliards d’ouguiyas consacrés à ces programmes ont permis à « un seul citoyen mauritanien pauvre de sortir durablement de la pauvreté et d’accéder à une situation de richesse ». Pour le parlementaire, la réponse est clairement négative.

Afin d’étayer son argumentaire, Mohamed Bouya a multiplié les comparaisons avec de grands projets d’infrastructures.

Il a affirmé que la construction d’une école primaire complète coûte environ 130 millions d’ouguiyas, estimant qu’une enveloppe de 249 milliards aurait permis d’édifier près de 1 900 écoles à travers le pays. À ses yeux, l’État a préféré distribuer cette somme sous forme d’aides d’environ 15 000 ouguiyas par bénéficiaire, sans impact durable sur les conditions de vie.

Le député a également indiqué qu’un lycée national revient à environ 200 millions d’ouguiyas, ce qui aurait permis, selon ses calculs, la construction de près de 1 200 lycées. Il a ajouté que l’Université de Nouakchott, construite pour environ 11 milliards d’ouguiyas, aurait pu être reproduite 22 fois avec un budget équivalent.

Poursuivant sa démonstration, Mohamed Bouya a affirmé que, d’après les experts, 66 milliards d’ouguiyas suffiraient à résoudre les difficultés de la SOMELEC. Selon lui, les 249 milliards auraient non seulement permis de régler définitivement les problèmes de la société nationale d’électricité, mais aussi de financer la création de deux autres entreprises similaires tout en conservant une partie des fonds.

Le parlementaire a encore soutenu qu’une telle enveloppe aurait permis la construction de 41 barrages, de 16 ports comparables à celui de Tanit, ainsi que de 49 centres de cardiologie semblables à celui actuellement en service.

Il a enfin estimé que cette somme aurait pu résoudre définitivement la crise de l’approvisionnement en eau potable à Nouakchott.

En conclusion, Mohamed Bouya a accusé le gouvernement d’avoir privilégié une logique de communication politique plutôt qu’une stratégie d’investissement à long terme. Selon lui, les bénéficiaires des aides, limitées à environ 15 000 ouguiyas par personne, « ne sont pas sortis de la misère », preuve, à ses yeux, que ces dépenses n’ont pas produit les résultats escomptés.





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Commentaires (2)

  • HOUDHOUD (H) 30/06/2026 09:27 X

    Les déclarations de Mohamed Bouya me semblent reposer sur une fausse opposition entre politique sociale et investissements publics. Les deux sont complémentaires. À quoi servirait de construire des milliers d'écoles si des familles vivent dans une précarité telle qu'elles ne peuvent pas nourrir leurs enfants, les soigner ou financer leur scolarité ? Les aides sociales ont précisément pour objectif d'éviter que les plus vulnérables soient laissés de côté et de leur permettre de faire face aux difficultés immédiates. Comparer le coût cumulé des transferts sociaux à celui d'infrastructures est un exercice séduisant sur le plan politique, mais il ne démontre pas que ces dépenses étaient inutiles. Pour soutenir une telle affirmation, il faudrait apporter des preuves que les aides n'ont amélioré ni les conditions de vie, ni l'accès à l'alimentation, à la santé ou à l'éducation. Quant à la SOMELEC, suggérer que les fonds destinés aux ménages pauvres auraient dû être réorientés vers cette entreprise soulève une autre question : une réforme de la société nationale d'électricité ne peut pas se faire au détriment des populations les plus fragiles. Si certains intérêts privés espéraient profiter de ces financements, ce n'est certainement pas en privant les plus démunis de leur soutien qu'il faut les satisfaire. Le débat mérite mieux que des comparaisons simplistes : il doit porter sur la manière de concilier protection sociale, investissements structurants et bonne gouvernance.

  • ouldsidialy (H) 30/06/2026 05:22 X

    Il est clair que l'instauration de "salaires charitables" n'est pas une démarche valable d'aide sociale, à fortiori de politique économique. De la même manière que 60 millions d'euros d'achat du "passif Toucouleur" n'est pas une politique d'intégration interethnique, etc., etc. Le pouvoir fait une politique de conservation du pouvoir. C'est somme toute attendu d'un pouvoir. Le député étant opposant, donc aspirant au pouvoir, devrait plutôt s'attarder sur sa politique à lui, pour la prise du pouvoir. Post-scriptum : on remarque que les exemples choisis par le député, s'ils ont l'avantage d'être facilement compris par tous, confirment la faiblesse des croyances pratiques du personnel politique mauritanien. La construction d'hôpitaux ou de ports ne crée pas de bonnes situations sanitaires ou économiques. Les Mauritaniens constatent tous les jours des hôpitaux construits et assez bien équipés mais qui soignent mal. Quant à l'opinion, il est "normal" qu'elle confonde développement des infrastructures et développement économique.