12-07-2026 00:12 - Le député Mohamed Bouya accuse le régime d’avoir érigé la corruption en système de gouvernance

Le député Mohamed Bouya accuse le régime d’avoir érigé la corruption en système de gouvernance

SHEMS MAARIF - Le député Mohamed Bouya Ould Cheikh Mohamed Fadel a lancé une violente charge contre le pouvoir, qu’il accuse d’avoir transformé la corruption en un véritable système de gouvernance. Selon lui, le régime ne se contente plus de tolérer les pratiques corruptrices : il les organise, les protège et s’en sert pour consolider son pouvoir.

Prenant la parole ce samedi lors d’une conférence organisée par les Forces du Salut, le parlementaire a dénoncé ce qu’il qualifie de « corruption intellectuelle », affirmant que l’accès aux responsabilités politiques, administratives et sociales est désormais associé, dans l’esprit de nombreux citoyens, à la corruption.

Il a également accusé le régime d’avoir mis en place des mécanismes destinés à protéger les réseaux de corruption, allant jusqu’à réprimer, selon lui, les personnes qui dénoncent ces dérives, sous couvert de sanctions administratives et d’abus de pouvoir.

Mohamed Bouya a en outre mis en cause une partie de la presse, estimant que certains médias contribuent à normaliser la corruption en relayant son discours et en participant à sa légitimation, au lieu d’assumer leur rôle de contre-pouvoir.

Pour le député, seule une volonté politique réelle, appuyée par une mobilisation citoyenne, peut inverser cette tendance. À défaut, a-t-il averti, la perte de confiance envers les institutions pourrait déboucher sur des mouvements de contestation d’une ampleur comparable à ceux observés dans d’autres pays, où la colère populaire a pris des formes particulièrement radicales.





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Commentaires (2)

  • Hartaniya Firilile (H) 12/07/2026 14:44 X

    Monsieur le député Med Bouya, aucun homme en ce monde n'est en mesure de redresser la situation de ce pays, quoi qu'il en soit. La nation dérive dans toutes les directions, sans qu'aucune autorité ne semble en mesure d'exercer un réel contrôle. Prétendre que ce pays est gouvernable relèverait d'une profonde illusion. Monsieur le député, aucune volonté politique, aussi déterminée soit-elle, ne saurait remettre ce pays sur la bonne voie, tant il est gangrené par le mensonge, le vol, la corruption, la concussion et toutes autres formes de malhonnêteté. Je maintiens qu'aucune force ne peut inverser cette trajectoire : jour après jour, la situation se dégrade davantage et le pays s'enfonce inexorablement vers un abîme sans fond. Nous devrions nous préparer aux pires scénarios dans un contexte d'administration régionale, tribale et communautaire. Les populations noires se trouvent de plus en plus marginalisées face à une politique délibérée visant à blanchir les rangs de l'armée, de la gendarmerie et des services de sécurité, dans le but d'intimider ces populations et de leur signifier que leur présence est jugée indésirable par le pouvoir en place.

  • Hartaniya Firilile (H) 12/07/2026 14:44 X

    La corruption ne représente que la face apparente d'un problème bien plus profond, dont les ramifications s'étendent dans les sphères du pouvoir et certains milieux influents, rendant un changement radical inévitable. Il convient même de souligner qu'une transition militaire ne saurait redresser la situation, tant la corruption et les dérives institutionnelles sont ancrées dans les mœurs depuis des générations, échappant désormais à tout contrôle. Depuis l'indépendance, une seule ethnie détient les rênes du pouvoir et a lamentablement échoué dans tous les domaines, sans jamais reconnaître ses propres insuffisances. Cet échec est pourtant flagrant et indéniable. La situation n'a fait que se dégrader depuis l'avènement des militaires, et plus particulièrement depuis l'arrivée au pouvoir de Ghazouani, sans que l'on observe la moindre amélioration : l'économie est à l'agonie et le pays s'enlise inexorablement dans une stagnation dont il semble incapable de se défaire.