12-10-2006 16:07 - Rencontre du Président du CMJD avec les Partis Politiques : Un ''ftour'', pas plus !
Rencontre du Président du CMJD avec les Partis Politiques : Un "ftour", pas plus!
La rencontre du Président du CMJD avec les leaders des partis politiques autour du "ftour" (rupture de jeun) présidentiel n’aura rien changé à la donne qui fait bouillonner la scène politique depuis trois semaines déjà . Pas un mot, d’un côté ou de l’autre, "pour dépasser la crise et éviter au processus démocratique de sombrer", pour reprendre la formule de la RNDD.
Pas un mot donc sur "l’ingérence partisane du CMJD et de son Gouvernement visant à créer, coordonner et financer des listes soit disant indépendantes doublée d’une regrettable campagne de dénigrement systématique des partis politiques en tant que tels".
Et pourtant, les partis politiques ont eu l’occasion de parler, tout le loisir de se regarder en face à face avec le Président du CMJD, mais rien, comme s’ils étaient frappés par une extinction de voix ou si les bouches étaient trop pleines.
Pas un mot sinon la réplique donnée au président du PTUN, Ely Bouha Ould Oueineni quand il dit au Président du CMJD : "il y a une situation préoccupante dans le pays que les partis politiques voudraient évoquer avec vous, M. le Président". D’un ton catégorique comme pour balayer du revers de la main le sujet, le Chef de l’Etat Rétorquera : "dans ce cas, ce sera au bureau". Stop et fin. La phrase de Ould Oueineni était entré par une oreille et vite sortie de l’autre. Et le Président du CMJD s’en lavera d’ailleurs les deux oreilles avec le Dr. Ould Mah, en évoquant De Gaule, la France, le passé, encore le passé, jamais le présent ou le futur. Et puis que de rires, la complicité entre les deux hommes étaient parfaites ce soir-là .
Il aura fallu attendre, les poignées de main à la sortie, lorsque tout est fini pour voir le président du RFD et président en exercice de la RNDD, M. Ahmed Ould Daddah, lâcher, en serrant la main du président du CMJD : "Monsieur le Président, il y a une crise grave, très grave que nous souhaitons discuter avec vous", lequel Chef de l’Etat lui répondit : "Je n’y vois pas d’inconvénient" avant d’appeler son directeur de cabinet et leur fixer rendez-vous (pour lundi prochain ?).
Acceptera-t-il de les recevoir en tant que RNDD ? Ou plutôt ne leur accordera-t-il que des audiences individuelles ?
Quoiqu’il en soit, dans un cas comme dans l’autre, les représentant des partis politiques n’ont fait le déplacement que pour une rupture de jeun au palais présidentiel et ils sont partis comme ils étaient venus : bredouilles.
Et pour cause, la soirée avait été véritablement un one man show animé par le Dr. Mohamed Mahmoud Ould Mah, président de l’UPSD et non membre de la RNDD. Autrement dit, un leader politique qui ne voit pas comme la RNDD la "crise grave, très grave" dans laquelle sombre le processus de transition démocratique.
Pour la petite histoire, lorsqu’ils étaient arrivés vers 18H, les dirigeants des partis politiques devaient patienter, dans la salle d’attente, jusqu’aux dernières minutes précédent l’appel du muezzin, pour voir arriver leur hôte. Conduit dans la salle à manger, ils seront installés dans un ordre qui faisait se confondre les grands et les petits.
Ainsi on trouvait à la gauche du président du CMJD, un représentant du PMRC, Moulaye Ould Jeyed étant absent et à sa droite Ahmed Ould Sidi Baba. En face le Premier ministre qui avait à sa droite le Dr. Ould Mah et à sa gauche Ghrini. Un peu plus loin, à l’extrême de cette rangée du Premier ministre, Ahmed Ould Daddah aux côtés de Ould Taleb Ethmane du PAD et de Chbih Ould Cheikh Malainine. L’absence très remarquée de Messaoud Ould Boulkheir dont le parti APP n’a pas daigné envoyer un représentant au "ftour" présidentiel (allez savoir pourquoi si ce n’est que Messaoud soit, dans l’esprit, encore en France), rappellera celle de Tijane Koita maintenu au lité par un nerf sciatique.
C’est dire combien le protocole avait veillé à distribuer ses cartes dans un (dés) ordre qui prête difficilement à interprétations. Même lorsqu’il s’agissait de passer à la prière, une certaine politesse avait été observée.
L’on se souvient que l’année dernière le président du CMJD avait propulsé Ahmed Ould Daddah au devant de la prière. Cette fois-ci, il fera avancer Ahmed Ould Sidi Baba qui hésite et met Ahmed Ould Daddah en avant. A peine la prière était-elle achevée que Ould Sidi Yahya, le président du RNLDE dit à l’adresse d’Ahmed Ould Daddah que du temps du Prophète (PSL), il s’était fait remplacé à la prière par Aboubacar Essidigh, son futur premier calife. De retour à la table à manger, Saleh Ould Hanena devait dire qu’il n’avait pas bien compris le hadith de la prière. Et Ahmed Ould Daddah de le lui répéter en concluant : "anna baad hayez ha" (moi, de mon côté, j’accepte cette succession). En d’autres termes : j’accepte de succéder au CMJD.
Reste à savoir si les militaires, eux, acceptent ?
Mohamed Ould Khattat
mmkhattatt@hotmail.com
