14-03-2013 16:08 - Mali : Le capitaine Sanogo ordonne la non libération de Boukary Daou
L'information qui circulait depuis hier vient de nous être confirmée ce jeudi matin par un haut cadre de l'Etat major malien et un agent de la sécurité interieure (SE), le capitaine Sanogo a ordonné ce mercredi la non libération du journaliste Boukary Daou.
Cette instruction stricte aurait été transmise par téléphone au moment ou certains cadres de la SE s'étaient réunis au sujet de la libération du journaliste arbitrairement emprisonné depuis plus d'une semaine pour être directeur de publication d'un journal qui a simplement diffusé une lettre ouverte de protestation d'un militaire à l'encontre des faveurs accordées au chef de la junte malienne.
Nous en saurons pas plus, peu d'informations ont filtré et le flou persiste, notamment sur l'état de santé du journaliste depuis les informations de violences dont il aurait été victime en détention.
La junte, auteur du coup d'Etat de mars 2012 et contrairement aux propos du ministre des affaires étrangères émis depuis la France ce jeudi matin, a toujours au constat sur place, bel et bien la main mise sur le pouvoir politique du pays en guerre au nord contre le terrorisme islamique. Guerre, menée par la France, qui a honteusement mis en lumière aux yeux du monde entier, les carences de l'armée malienne version Sanogo.
Par ailleurs, alors que l'ensemble de la classe politique malienne reste muette sur cette affaire de journaliste arbitrairement emprisonné, sans nul doute par crainte de représailles de la junte ou par solidarité à ce type d'action, ce jeudi sonne le troisième jour de "presse morte" au Mali.
IB
Mali : Paris s'interroge après l'arrestation de Boukary Daou
Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius s'est dit persuadé mercredi 13 mars que le gouvernement malien saurait faire respecter la presse, après l'arrestation de Boukary Daou, directeur de publication du quotidien Le Républicain, par les services de renseignement maliens, qui a suscité la protestation de la presse malienne.
"Je suis sûr que le gouvernement malien fera ce qu'il faut pour que la presse soit respectée", a déclaré Laurent Fabius, interrogé sur la chaîne TV5-Monde sur une éventuelle intervention française pour la libération de Boukary Daou.
M. Daou été arrêté le 6 mars à Bamako en raison de la publication d'une lettre ouverte de soldats contre le capitaine Amadou Haya Sanogo, auteur d'un coup d'Etat de militaires en mars 2012. Dans cette lettre au président par intérim Dioncounda Traoré, "des soldats au front" se disaient "révoltés par les avantages accordés" au capitaine Sanogo.
Une opération presse morte a été décrétée à partir de mardi par les journalistes maliens jusqu'à la libération de leur confrère. Interrogé au cours d'une émission spéciale sur le Mali de TV5 Monde sur la légitimité du capitaine Sanogo à présider un comité de suivi des réformes dans l'armée malienne, le ministre malien des affaires étrangères Tieman Coulibaly lui a apporté son soutien. "Le capitaine Sanogo est un soldat malien" et "il n'y a plus de junte au Mali", a-t-il dit.
Intervenant dans le débat, Laurent Fabius a rappelé le principe dans toute démocratie selon lequel "partout le pouvoir militaire est soumis au pouvoir civil". "C'est comme ça que ça fonctionne dans une République, les militaires sont soumis au pouvoir civil, c'est une condition" du bon fonctionnement d'une démocratie, a-t-il insisté.
Source: AFP
