15-03-2013 11:37 - Maître Yezid : Puni pour avoir défendu un dossier
Depuis l’éclatement au grand jour de l’affaire Mohamed Ould Bouamatou- Mohamed Ould Abdel Aziz, il ne se passe pas un jour sans que les « Institutions » franchissent un nouveau palier qui montre que malgré toutes les avancées de notre pays, ses institutions, malgré leur indépendance statutaire, restent totalement inféodées au pouvoir politique.
Des hauts fonctionnaires ou magistrats n’hésitent à poser, sans états d’âme, des actes qu’ils savent eux mêmes profondément injustes et illégaux. Dernières lubies de nos gouvernants éclairés, la résiliation des contrats de Me Yezid avocats de Bouamatou et de Ould Debbagh. Jamais auparavant, même aux pires moments de la dictature, un avocat n’a été « puni » pour avoir défendu un dossier.
Il y eut les avocats des putschistes du 16 Mars, ceux du Grab, ceux de Baba Ould Ahmed Youra et ceux de Saleh et de ses compagnons, tous ont connu des moments difficiles mais pas au point de provoquer une réaction aussi extrême.
Chaque jour qui passe, l’indépendance des institutions est battue en brèche, par un pouvoir sourd et aveuglé par la haine et qui se comporte avec le pays comme un véritable éléphant dans un magasin de porcelaine. L’emprisonnement de Ould Debagh qui ne se justifie ni au regard de la gravité des faits qui lui sont reprochés ni par la consistance de son dossier d’instruction est transformé en une mise en quarantaine des plus sévères.
Limitation des visites, fouilles continues, vexations diverses, rien ne lui est épargné. Les institutions : BCM, DGI, Parquet, Police, etc ne peuvent pas faire ce que tout le monde croit "bien" ou "juste" mais seulement le "mal" commandité par le Prince du moment. Si elles sont, injustes et criminelles, c'est parce qu’en s’en prenant aux innocents, elles violent la justice naturelle telle que chacun la connaît et la reconnaît comme telle dans sa vie de tous les jours.
Or comme l’ont si bien affirmé certains auteurs : Toute injustice est pure destruction, sans aucun profit réel pour personne et surtout pas pour la collectivité nationale. Le pouvoir actuel par une injustice criante se délecte de la destruction des valeurs du patrimoine de Mohamed Ould Bouamatou. Que la plupart des gens se murent dans un silence coupable face à cette injustice est déjà assez frappant mais que le FMI et la Banque Mondiale, malgré leur devoir de réserve, restent coïts est sidérant.
Eux qui sont si prompts à se poser en garants d’une économie de marché et en défenseurs des grands équilibres macroéconomiques n’ont même pas levés le petit doigt quand le pouvoir a posé ouvertement des actes, le plus souvent en contradiction flagrante avec l’orthodoxie financière, et qui n’ont pour but que la destruction pure et simple de l’une des premières institutions financière du pays.
Face à cette injustice, l’indifférence est criminelle et le silence vaut complicité sinon duplicité. Mais l’injustice est si répandue dans tous les domaines que l’on est tenté de la considérer comme découlant de l’ordre normal des choses. Les proches du président, fistons, frères, neveux, gendres et amis se comportent en roitelets et en princes.
Épouses et frangines, et nièces, se voient des reines et des déesses. La Mauritanie est devenue le royaume de l’imposture, du mensonge et du faux semblant. L’argent public finit toujours dans des poches privées, car Ould Abdel Aziz est en train de réussir le coup de force de faire éclore en un temps record une génération d’hommes d’affaires pour la plupart analphabètes et incultes et qui ne se prévalent que de la proximité avec le chef. Pendant ce temps on continue à pérorer des slogans creux et dont la vacuité n’a pas résisté à la confrontation avec la dure réalité.
Plus personne n’est dupe, la Mauritanie est mise en coupe réglée par un groupe de personnes qui gouvernent à coup de promesses et de menaces. Plus dure sera la chute ! De plus en plus de personnes se rendent compte que les promesses ne sont souvent pas tenues et quand bien même elles le seraient on ne finirait jamais de payer les dividendes.
B.C.
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