23-03-2013 10:58 - La mort du djihadiste Abou Zeid confirmée à Paris

La mort du djihadiste Abou Zeid confirmée à Paris

Abou Zeid, l'un des principaux chefs d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), a bien été tué lors des opérations menées par l'armée française et l'armée tchadienne dans l'adrar des Ifoghas au nord du Mali, ont indiqué au Monde des sources officielles samedi 23 mars. L'Elysée devait communiquer cette confirmation dans la journée.

L'Algérien Abdelhamid Abou Zeid, 46 ans, de son vrai nom Mohamed Ghadir, était l'auteur de l'enlèvement des sept employés d'Areva et de Satom, dont cinq Français, sur le site d'Arlit au Niger, en septembre 2010. Cet émir d'AQMI avait fait du massif montagneux des Ifoghas, tout près de la frontière algérienne, son sanctuaire.

Après avoir passé des alliances avec certaines tribus touareg, il avait installé dans cette région isolée du Sahel sa base logistique, ses camps d'entraînement, et ses nombreux otages pris au fil des années. Depuis le début des opérations françaises dans les Ifoghas, plus de 40 tonnes d'armement ont été retrouvées.

Plusieurs dizaines de combattants de sa katiba (unité) ont également été tués ces dernières semaines dans les opérations menées par les Français pour "nettoyer" les vallées de la région, notamment dans la vallée d'Amettetaï.

Dans l'attente de preuves formelles, les autorités françaises n'avaient pas souhaité confirmer d'emblée l'information de sa mort. L'annonce en avait été diffusée par la télévision algérienne Ennahar, ainsi que par Le Monde, qui s'appuyait sur de sérieuses sources locales, jeudi 28 février. RFI et Paris Match avaient publié la photographie d'un cadavre marqué d'une grave blessure à la tête.

Des fragments d'ADN familiaux ont permis l'identification formelle

La mort d'Abou Zeid remonterait au 22 février, date à laquelle, dans de violents accrochages, plus de 40 djihadistes ont été tués.

L'arme du terroriste avait été retrouvée sur les lieux des affrontements. L'identité de combattants djihadistes éliminés dans la zone avait aussi permis de renforcer la conviction des services de renseignement. Des sources américaines ont jugé la disparition du responsable d'AQMI "très crédible".

Le 1er mars, c'est le président tchadien, Idriss Déby, qui annonçait à son tour la nouvelle, à l'issue d'un hommage solennel rendu à ses 26 soldats qui venaient de trouver la mort dans les combats violents engagés avec les Français contre les djihadistes. Le 12 mars, le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, indiquait dans une interview au Monde que la mort du terroriste était "probable".

C'est d'Algérie qu'est venue, il y a quelques jours, la confirmation de l'identité du cadavre des Ifoghas, sur lequel les soldats français avaient effectué des prélèvements organiques. Alger disposait de fragments d'ADN familiaux qui ont permis, à la demande de Paris, d'identifier formellement l'homme par recoupement.

Le doute devait être levé puisqu'une confusion a longtemps régné sur deux Algériens portant le nom d'Abou Zeid. Sur la liste des terroristes fournie par les Etats (dont l'Algérie) aux Nations unies, en figure un premier, dont le nom à l'état civil est Abid Hammadou, né dans les années 1960 à Touggourt au sud-est de l'Algérie ; cet homme, dont la mort n'a pas été enregistrée, pourrait avoir été tué par l'armée algérienne dans le Sahara dans les années 1990, selon Mohamed Mokkadem.

Ce journaliste, qui a pris la direction du quotidien arabophone Ennahar en 2007, avait indiqué en 2010 que le véritable Abou Zeid d'AQMI était Mohamed Ghadir, né dans une région déshéritée du Debdeb, près de la frontière libyenne, à une date inconnue. Contrebandier et ancien militant du Groupement salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), il est devenu en quelques années l'un des émirs les plus redoutés d'AQMI, tandis qu'émergeait parallèlement un autre "cheikh", Mokhtar Belmokhtar, responsable lui aussi d'attentats et de lucratives prises d'otages. Il a revendiqué l'attaque sanglante du site gazier algérien d'In Amenas conduite depuis le Mali. Mokhtar Belmokhtar aurait pour l'heure échappé aux frappes de l'opération "Serval".


Impact de la mort d'Abou Zeid sur les otages

En janvier 2012, Abou Zeid avait été condamné par contumace à Alger à la perpétuité pour "constitution de groupe armé international" et sa participation à la première grande prise d'otages occidentaux dans la région, en 2003. L'action avait alors été menée sous l'égide d'Abdelkader Al-Para, dont Abou Zeid était un lieutenant. Lors de ce procès, il a été présenté sous le nom de Mohamed Ghadir, originaire de Debdeb. Cinq membres de sa famille ont été condamnés et emprisonnés.

Parmi les otages d'Abou Zeid, deux sont morts, un Britannique, Edwin Dyers, exécuté en 2009, et un Français, Michel Germaneau, tué après un raid militaire franco-mauritanien mené à l'été 2010. Un autre Français, Pierre Camatte, capturé à Menaka au Mali en 2009 et libéré en 2010 en échange de la libération d'islamistes, a témoigné de plusieurs contacts directs avec l'émir. Un émissaire français, artisan de la libération de trois des sept otages d'Arlit début 2011, a rencontré Abou Zeid à plusieurs reprises : "La France est notre ennemie", lui avait-il dit. Le sort des quatre otages d'Arlit toujours retenus est aujourd'hui incertain.

Les prisonniers d'Abou Zeid ont transité sur deux bases perdues au milieu de la rocaille des Ifoghas, baptisées "camp des sables" et "camp des roches" par les Français. Dans la zone de l'adrar de Tigharghâr, les militaires français, aidés d'auxiliaires locaux, ont mené à plusieurs reprises des opérations de recherche appuyées par des moyens de détection importants pour les retrouver. Des opérations plus ciblées, sur la base de renseignements, ont été menées, mais sans succès à ce jour.

Il reste à mesurer quel sera l'impact de la confirmation de la mort d'Abou Zeid sur les otages.

Par Nathalie Guibert et Isabelle Mandraud




Mali: Paris confirme la mort d'Abou Zeid, un des principaux chefs d'Aqmi

Paris - Le président français François Hollande confirme de manière certaine la mort d'Abdelhamid Abou Zeid survenue lors des combats menés par l'armée française dans l'Adrar des Ifoghas au Nord du Mali, à la fin du mois de février, a annoncé samedi la présidence.

Cette disparition de l'un des principaux chefs d'Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) marque une étape importante dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, ajoute la présidence française dans un communiqué.

La mort de l'islamiste algérien Abou Zeid avait été annoncée le 1er mars par le président tchadien Idriss Déby dont les forces combattent aux côtés des militaires français dans le massif des Ifoghas.

Le 3 mars, l'armée tchadienne avait également annoncé avoir tué un autre chef islamiste, Moukhtar Belmokhtar dit Le Borgne, mais la mort de ce dissident d'Aqmi, lui aussi algérien, n'a toujours pas été confirmée.

Abdelhamid Abou Zeid, 46 ans, était considéré comme l'un des chefs les plus radicaux d'Aqmi. En juin 2009, son groupe avait kidnappé le touriste anglais Edwin Dyer. Selon plusieurs témoins, c'est Abou Zeid en personne qui aurait égorgé l'otage.

Après de violents combats fin février dans le massif des Ifoghas au cours desquels plusieurs centaines d'islamistes avaient été tués, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius avait indiqué que des tests ADN seraient pratiqués afin de confirmer la mort des chefs de guerre Abou Zeid et Mokhtar Belmokhtar.

AFP via Romandie News (Suisse)


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Commentaires (3)

  • lemaure67 (H) 23/03/2013 12:41 X

    Il a récolté ce qu'il a semé depuis son jeune âge. C'est une leçon pour tous les jeunes qui s'aventurent à suivre le chemin de ce terroriste qui a tant fait peur. Il a la fin qu'il mérite, celle d'un extrémiste qui ne connaît rien dénoter sainte religion. Il a endoctriné beaucoup de jeunes de chez nous et d'autres pays africains. Il répondra de ses crimes devant notre Créateur Allah.

  • BLAKGEND (H) 23/03/2013 11:36 X

    Enfin il a bouffé les pissenlits par les racines. Adios et à jamais.

  • hamaboubou (H) 23/03/2013 11:06 X

    Dieu est grand, un criminel de moins sur cette terre.