23-01-2014 23:48 - Mauritanie: Foot, politique et désillusions

Mauritanie: Foot, politique et désillusions

On est tombé de très haut. Ou, disons plutôt que le miracle n’a pas eu lieu. Nos Mourabitounes sont sortis ce mercredi du CHAN sans les honneurs attendus. Une cuisante défaite 4 à 2 face aux Panthères du Gabon n’ajoute certes rien à une sentence déjà prononcée depuis samedi dernier, quand ils avaient perdu bêtement leur second match, face aux Burundais, en prenant un but (de trop) à la 94ème minute.

Sans doute que sans ce mauvais coup du sort, le 2-2 qu’ils tenaient jusqu’au bout, sans ces cruelles minutes de temps additionnel, allait continuer à nourrir leurs espoirs – et les nôtres – de les voir aller plus loin dans ce qui était leur première grande aventure africaine.

Pourtant, les Mourabitounes n’ont rien à se reprocher. Leur exploit contre le Sénégal était en lui-même un sacre. Leur seule faute est de nous avoir permis de rêver.

Un rêve qui a coûté cher aux pauvres citoyens entraînés, malgré la précarité de leurs conditions de vie, dans une levée de fonds qui, finalement, risquent de suivre les voies insondables de la mauvaise gestion. Déjà l’on murmure que le ministre des Finances a empêché le président de la Fédération mauritanienne de football (FFRIM) de tirer quelques millions du compte spécial dans lequel les 500 millions et quelque des Mourabitounes ont été placés.

Certaines mauvaises langues indiquent même que les 50 millions d’UM donnés par le président Aziz à des associations de jeunes, lors de l’ouverture du Festival des Villes Anciennes de Oulata, proviennent de ce fonds ! Ces on-dit vont même plus loin :

Dans la perspective de la présidentielle de juin 2014, des politicards en panne de « bonnes idées » chuchotent dans l’oreille du Raïs que les Mourabitounes ne pouvant pas aller très loin dans ce CHAN, l’argent du téléthon peut servir comme « aliment » de bétail campagne ! Et l’opposition du ministre des Finances à l’utilisation de ce « butin » par le président de la FFRIM est toute trouvée ! Un match dans le match quoi.

Et ces colporteurs de vraies-fausses informations de faire un parallèle entre ce qui se passe dans le foot et d’autres secteurs comme la Défense, l’agriculture, les infrastructures routières et les aéroports. Un exemple parmi tant d’autres de ces financements à « usages multiples ». Le pouvoir du président Aziz décide de déterrer ce vieux projet d’aéroport international de Nouakchott. L’idée était de le faire construire en donnant le marché aux Chinois contre…la valeur en minerai de fer !

Maaouya parti, le « président démocratiquement élu » en 2007 ne peut accomplir ce deal parce que le partenaire chinois veut qu’on tienne compte du prix fluctuant du minerai de fer. Evidemment, la Mauritanie dit niet craignant de devoir donner toute sa production de fer (11 millions de tonnes) à l’insatiable ogre chinois.

A l’arrivée d’Aziz, l’on maintient cette idée de « génie » mais avec une variante sur l’objet du troc : ce sera des centaines d’hectares (l’ancienne ceinture verte de Nouakchott et l’actuel aéroport) au lieu du fer de la SNIM ! Le ministre des Affaires économiques que l’on soupçonne d’être derrière cette idée permettant à l’Etat d’avoir son aéroport pouvant accueillir les plus gros porteurs et 2 millions de passagers par an, pavoise.

Mais pas pour longtemps : La société Najah chargée de ce projet a vite montré ses limites. L’Etat ordonne à la SNIM de lui donner « prêter » 15 milliards d’ouguiyas ! Quelque temps après, le gouvernement emprunte auprès d’un fonds arabe quelques autres milliards pour l’équipement de cet aéroport qui commence décidément à devenir un véritable gouffre financier.

Mais on pourrait me dire : quel rapport entre une équipe nationale de football qu’on « finance » avec un téléthon et un aéroport payé « cash » en terrains à très haute valeur commerciale ? Aucun en apparence.

Ou plutôt si : pour ne pas avoir à satisfaire nos besoins essentiels (santé, éducation, eau et électricité), nos dirigeants éclairés nous vendent les illusions : celle d’avoir, du jour au lendemain, une équipe capable de remporter le CHAN, la CAN et, pourquoi pas, le Mondial, et un aéroport qui peut accueillir 2 millions de « Martiens » alors que, pour faire venir 200 « terristes » français au Festival de Oualata, le gouvernement mauritanien a pris tout en charge !

Des touristes qu’on paye pour venir, on ne voit ça que chez le pays qui rêve de voir son équipe gagner une coupe parce qu’elle a gagné un match !






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Commentaires (4)

  • diouboudo (H) 24/01/2014 16:40 X

    il faut aider ces jeunes à aller loin dans leur tache, arrêtez vos analyses égoïstes.

  • mohamed w.l (H) 24/01/2014 01:32 X

    http://fr.cafonline.com/competition/african-nations-championship_2014/news/19181-quel-match-entre-burundais-et-mauritaniens-.html

    Zoom

    A l’issue du deuxième matche de la soirée, les spectateurs – plus de 7.500 – et les observateurs et officiels étaient unanimes, Burundais et mauritaniens venaient de leur offrir un spectacle comme ils n’en avaient pas vus depuis le début du 3 CHAN. Toutes les séquences que l’on attend d’un match ont été reproduites au  Petr Mobaka Stadium de Polokwane avec un festival de buts, 3 pour les Intamba, 2 pour les Mourabitounes, chacun plus beau que l’autre. On dénonçait la carence d’attaquants dans le tournoi, cette fois on a été servi. Et quels buts ! Pas des petits buts de raccroc, des erreurs défensives monumentales. Des buts construits, à la suite d’un travail préparatoire bien mené.

    On  n’était pas seulement assis qu’Amadou Niass entamait la chasse au trésor. Son tir croisé du pied gauche faisait mouche, le gardien restant sans réaction. Au chronomètre officiel, le coup d’envoi avait été donné 58 secondes plus tôt. Et la Mauritanie menait 1-0. Samba El Voullany n’était pas loin d’imiter son camarade deux minutes plus tard dans une position excentrée é l’intérieur de la surface mais l’angle de la surface était complétement fermé. Les Mauritaniens s’ouvraient plusieurs brèches sur le couloir gauche sans parvenir à passer les défenseurs qui se méfiaient. Les Burundais rebondissaient à la 11eminute. Un centre du capitaine Ndikumana Selemani trouvait  la tête de Fiston Abdoul qui, à bout presque touchant, égalisait de la tête.

    On  présentait la rencontre comme celle des « petits Â«  des sans grade Â». Si tous les petits jouaient  comme ceux qui étaient sur la pelouse, les grands trembleraient à chaque sortie. Les deux équipes exposaient, en pleine nuit, un véritable feu d’artifice, placement, justesse des passes, vision de la meilleure décision  Ã  prendre et, bien sûr, beaucoup de qualité technique. Sauf sur ce penalty accordé par l’arbitre aux Mauritaniens,  pour une faute de Bocar Coulibaly sur Claude Ndarusanze,  que Ndikumana, pas concentré envoyait dans les bras du gardien Brahim Souleymane. Nduwarugira adressait unn véritable boulet de canon qui passait à côté de la cage de Souleymane (32e).  Le ballon était constamment en mouvement. Il se passait toujours quelque chose sur le terrain. Personne ne dominait l’autre mais il y avait un réel talent  collectif des deux côtés. Un football appliqué, généreux, es joueurs donnaient  le sentiment d’être heureux et leur joie était partagée par un public qui la manifestait bruyamment.

    Les deux équipes avaient un peu tâtonné leur première sortie, dont ils n’avaient pas eu à rougir, un  nul pour le Burundi avec le Gabon, une défaite à minima pour la Mauritanie devant la RD Congo. Cette fois les 22 acteurs donnaient l’impression de s’être libérés du trac que procure une grande première et ils faisaient démonstration de leurs qualités.

    A la mi-temps qui donna à tous l’occasion de souffler, les deux équipes étaient donc côte à côte, 1-1. On attendra la 61e minute pour assister à la suite. Avec un  tir légèrement croisé de 25 mètres de Nduwarugira qui tapait dans le mille. « 2-1 pour les Burundais. Les Mourabitounes étaient de plus en plus mena4ans sur leurs offensives, ponctués de quelques changements de pied de leur attaquant Abdou Fiston. Frappe d’Hakizimana, puis de Fiston. Une tête croisée du Mauritanien El mamy n’était pas loin de la cible. Finalement dans ce festival, c’est de la tête que Mohamed Denna remettait les deux équipes à égalité,  laissant Arthur Arakaza de marbre, comme brusquement pétrifié. Ett ça repartait pour les Mourabitounes avec une tentative présomptueuse de Moulaye Khalid. De à oü il était placé,, il ne pouvait rien. Entre le gardien et son poteau gauche il n’y avait pas de place pour un trou de souris.. Et il y eut dans les dix dernières minutes encore une succession de tirs au but, des vrais, des cadrés, tantôt pour les uns, tantôt pour les autres. L’affaire était  pliée, Burundais et Mauritaniens se partageraient les points. Lorsque sur une frappe du pied gauche de très belle facture le capitaine Ndikumana Selemani consacrait la victoire des siens (3-2), mais également des deux équipes. Sans doute le plus beau match disputé à ce jour au cours de ce CHAN 2014.

    Vous avez dit « Petits Â» !

    Au classement, le Burundi passe en tête avec 4 points, devant le Gabon également 4 points, la RD Congo 3 et, malheureusement pour elle la Mauritanie qui, après le Mozambique et  l’Ethiopie est la troisième équipe éliminée au soir du dernier match de la 2ejournée. 

  • sraghaa (H) 24/01/2014 00:15 X

    trop de choses et d'idées entremellées et decousues. Nos MOURABITOUNES nous ont emerveillés malgré lés defaites dues principalement à leurs inexperience vu que c'est leurs premières participation dans une manifestation de ce niveau. L'entraineur a été au niveau ainsi que l'encadrement .

    Pour une première sortie ,je trouve que c'est une réussite car elle nous donne le droit de rever de voir à l'avenir une equipe de niveau internationale ,competitive pour ne pas dire gagnante. BRAVO à la FFRM

  • Le Pacificateur (H) 23/01/2014 23:55 X

    Y en a marre de ces mauvaises langues. Les Mourabitounes ont besoin d'un soutien populaire et non la calomnie, des ragots.

    Vive les Mourabitounes.