21-05-2018 07:45 - Sahel: la corruption un terreau fertile pour l'insécurité

Sahel: la corruption un terreau fertile pour l'insécurité

Le360 - Le Mauritanien Ahmedou ould Abdallah, directeur du "Centre 4S", fonctionnaire à la retraite des Nations unies et ancien ministre, analyse le phénomène de la corruption dans le Sahel et en Afrique, et établit un lien étroit entre sécurité et développement.

Ahmedou ould Abdallah, président de l’institution de prospective géopolitique appelé «Centre 4S» est un haut fonctionnaire à la retraite de l’Organisation des Nations unies (ONU). Il fut également ministre des Affaires étrangères de Mauritanie pendant les années 1980. Il aborde le problème de la corruption dans le Sahel et en Afrique, à travers une tribune postée samedi 19 mai sur le site «RMIBILADI».

Ce haut cadre, à l’expérience diplomatique avérée, qui a activement participé à la résolution de nombreuses crises politiques et sécuritaires sur le continent, est aussi un des fondateurs de l’ONG «Transparency international» dédiée à la corruption à travers le monde.

Pour aborder cette question lancinante, qui mobilise de plus en plus les intellectuels, de larges segments de la société civile et une importante frange de l’opinion, l’ancien envoyé spécial du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies dans plusieurs régions du continent,souligne d’emblée «le mérite du nouveau président de l’Union africaine (UA), Moussa Faka Mahamat, d’avoir inscrit la corruption à l’ordre du jour du dernier sommet de l’organisation panafricaine».

Tout en appelant «à dépassionner le débat» par rapport «à un fléau qui existe partout à travers le monde», le président du «Centre 4S» insiste néanmoins sur le fait que «la lutte contre la corruption est un impératif économique, une nécessité politique et une précaution sécuritaire».

Ainsi, dans le cas de la vaste bande sahélienne, caractérisée par de nombreux handicaps naturels et une extrême pauvreté, une telle action s’inscrit forcément dans une perspective «de développement économique, de prévention des conflits civils et de la migration irrégulière -deux (2) phénomènes liés à l’exclusion et à la pauvreté- elle-même souvent exacerbée par l’impunité dont bénéficie les individus présumés auteurs de faits de corruption et de prévarication».

Sans avancer de chiffres pour le Sahel, Ahmedou Ould Abdallah note que «la corruption en Afrique, contrairement à celle de l’Asie, est flagrante, indiscrète et stérilisante, dans la mesure son produit s’évapore immédiatement au-delà des frontières, et de surcroît, en produits de luxe ostentatoire. Le Global finances integrity (GFI) et la Banque africaine de développement (BAD) estiment que 1.300 milliards de dollars ont été transférés hors du continent africain entre 1980 et 2009».

Le document aborde par la suite la petite corruption et la grande corruption, celle qui jette le discrédit sur les élites publiques et privées. Parler de la corruption dans le contexte du Sahel renvoie forcément à la dimension de la lancinante question liée à la sécurité. D’où de multiples interrogations émanant de nombreux observateurs au sujet de l’incapacité de nos pays à assurer leur propre sécurité, et qui se retrouvent dans l’obligation de «sous-traiter» un domaine essentiel de souveraineté aux partenaires occidentaux, notamment la France.

Ce constat désolant distille le doute et le scepticisme à l’origine de certaines analyses sur la création de la force antiterroriste du G5 Sahel, lesquelles soutiennent que «c’est surtout l’argent -éventuellement partiellement détourné- des bailleurs étrangers qui a motivé la création de cette force militaire sous-régionale. N’ayant ni la capacité ni les moyens et sans doute pas non plus une réelle envie de combattre le terrorisme et le crime organisé sévissant à travers leurs pays respectifs, les états du Sahel cherchent donc à tirer profit de cette vieille et corrosive logique de la Francafrique», écrivait récemment le site «Orientxxi.info».

Par notre correspondant à Nouakchott
Cheikh Sidya




Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Source : Le360 (Maroc)
Commentaires : 2
Lus : 1695

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (2)

  • cccom (H) 21/05/2018 09:19 X

    Tous ces jeunes pouvaient être des chercheurs scientifiques si le systéme pédagogique communautaire novateur, gratuit obligatoire Cerveaux des Oasis leur est appliqué et ou peut être engagé aux enfants de 5 à 6 ans ce 15 juillet 2018 du SAHEL

  • cccom (H) 21/05/2018 08:27 X

    Pour assurer la sécurité de l’Afrique et son développement cotre l’extrémisme religieux , ethnique et tribaliste, le labyrinthe de la corruption, le surendettement dans l’armement occidental par centaines de milliards d’ UM pour éviter les guerres civiles et l’occupation des forces armées américaines et occidentales de nos territoires pour nous entretuer … La solution est simple et très locale , il faut et il suffit de créer de nouvelles générations de jeunes docteurs scientifiques africains en 10 ans par le système intensif et gratuit Cerveaux des Oasis de Maaden à l’horizon de 2028 réducteur des cursus de 50 à 70% au prix de 100.000 UM par mois par classe dans chaque quartier et village , finançable par les cadres dudit village et quartier sans recours aux lourdeurs des Etats occupés ailleurs aux problèmes diplomatiques et sécuritaires dés le 15 juillet 2018. cheikhany_ouldsidina@yahoo.fr