27-05-2021 13:12 - Remaniement ministériel: Les nouveaux… dites merci à la caution tribale

Remaniement ministériel: Les nouveaux… dites merci à la caution tribale

RMI Info - Le présidence mauritanienne a effectué ce mercredi 26 mai 2021 un remaniement ministériel caractérisé par la sortie de deux grandes figures du gouvernement numéro 1 de Mohamed Ould Bilal.

En effet, les deux ministres Nadhirou Ould Hamed (Santé) et Sidi Ould Salem (Enseignement supérieur) paient les frais d’une grogne qui n’a que trop duré.

Nadhirou, la traversée du désert

Le ministre de la Santé sortant a été applaudi dès sa prise se poste en août 2020. Il est le ministre qui a incontestablement le plus réformé le secteur de la santé en Mauritanie. Il a assaini le milieu pharmaceutique en réglementant l’exportation des médicaments.

Le Camec est l’unique fournisseur des médicaments. Plusieurs dépôts pharmaceutiques ont été fermés et leurs propriétaires sommés à verser à l’État des sommes colossales. Ce qui d’ailleurs n’a pas trop plu aux Islamistes qui ont vu leurs sources de financement s’amenuiser.

Il s’est attelé à la réforme de l’organigramme du Ministère en accordant notamment des promotions aux plus méritants. Il a créé également une couverture sanitaire universelle (CSU). Il a cependant été critiqué dans sa gestion de la pandémie du Covid-19. Au départ, il n’a pas su gérer la coordination entre les différents services hospitaliers.

Il a pourtant tapé sur la table pour que le pavillon des maladies ambulatoires soit livré et entièrement dédié aux traitements des cas graves de coronavirus. Il paie les frais de ses déclarations contradictoires sur l’invalidité supposée des tests PCR donnés par la Chine. Ould Hamed a été victime d’un très fort lobbying des caciques du secteur, dont la majorité dispose d’intérêts commerciaux dans les marchés pharmaceutiques et la vente de matériel médical.

Sidi Salem, “ennemi de ton ami”

Quelques fois confondu avec la décennie d’Abdel Aziz, ce ministre n’a visiblement pas intégré que “l’ennemi de ton ami est ton ennemi”. En effet, lors de son interview avec RFI le 20 mai dernier, Sidi Salem, interrogé en tant que porte-parole du gouvernement, a soigneusement évité de critiquer Abdel Aziz. Serait-il encore loyal à l’ancien président ?

En tout cas, il a pris des gants de velours, polissant son propos au moment où les anciens courtisans d’Abdel Aziz le vilipendent. Mais ce n’est pas tout. Sidi Salem sort du gouvernement le jour où la presse publie un scandale financier le concernant. Son département aurait dispersé 720 millions d’anciens oughiyas dans des comptes bancaires. L’affaire va certainement finir devant la justice, le ministre a porté plainte contre le média qui a révélé l’affaire. Son long bras de fer avec les étudiants est également à l’origine de son départ, bien que dans les hautes sphères de l’État des tractations auraient été engagées pour lui réserver un poste à l’étranger. Le syndicat l’Union des étudiants mauritaniens, proche des islamistes, lui a mené la guerre sur tous les fronts.

À cela, il faut ajouter son combat contre les faux diplômes au sein de l’Enseignement supérieur qui a gonflé à bloc ses détracteurs. Il quitte certainement sa fonction avec le sentiment d’avoir accompli beaucoup de choses même s’il laisse encore énormément de travail à la novice Amal mint Cheikh Abdallahi.

Les nouveaux… dites merci à la caution tribale

Tous les observateurs s’accordent à dire que les nouveaux ministres ne sont là que pour la caution tribale. Si Amal mint Cheikh Abdallahi est appelée, c’est parce que Nedhirou quitte le navire. Si Mocktar Ould Dahi est nommé porte-parole du gouvernement, c’est qu’un autre membre de sa tribu a été remercié.

Pour maintenir l’équilibre tribal et régionaliste, El Ghazouani n’a pas fait un grand chamboulement, il a comme d’habitude préféré un saupoudrage. Sinon, tous les Mauritaniens savent qu’Amal aurait été une bonne conseillère à la présidence. En effet le milieu académique est rempli de chercheurs compétents capables d’opérer des réformes. Hassen Ould Boulkhreiss pivote d’un monde à un autre : des droits de l’homme à l’assainissement. Ould Zahav est bien à sa place, bien qu’il soit vu comme la caution haratine du remaniement.

La rédaction





Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 3
Lus : 7009

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (3)

  • nabuchodonosor (H) 28/05/2021 08:19 X

    Les trois ministres sortant (Nedhirou, Sidi et Mint Bouka ) ont pourtant les meilleurs bilans. Bizarre!

  • Salem Vall (H) 27/05/2021 21:02 X

    La plus grande perte de ce remaniement est le départ de Mint Bouka. Cette technicienne a trouvé un département sans dessus dessous et il a rendu aux ayants droits les terres qui étaient spoliées par Aziz et Cie. Dommage pour les mauritaniens

  • hamadel (H) 27/05/2021 15:36 X

    on est pas sorti de l'auberge avec ministres qui se réveillent chaque jour a 15heure pitoyable mon pays.