24-02-2024 09:54 - Transparence, lutte contre la gabegie et la corruption : un vœu pieux

Transparence, lutte contre la gabegie et la corruption : un vœu pieux

Le Calame - La lutte contre la gabegie et la corruption est devenue une rengaine depuis quelques années en Mauritanie. Les autorités mauritaniennes le proclament sur tous les toits. Elles ont mis en place des instruments juridiques pour combattre ce cancer qui gangrène le pays.

L’Inspection Général d’État (IGE), une institution chargée du contrôle de l’Administration, a même été « rattachée » à la présidence de la République. Une volonté politique qui a suscité espoir et interrogations.

Espoir parce que les Mauritaniens pensaient que le président de la République allait désormais suivre au quotidien le travail de cette institution et prendre des mesures idoines. On avait trop chanté en vain la lutte contre la gabegie. Le Président allait traduire en actions concrètes, espérait-on, sa volonté politique d’éradiquer cette pandémie.

Déceptions…

Mais les patriotes mauritaniens ne cessent de s’interroger sur l’utilité et la pertinence de cette institution qui fit trembler tant de voleurs. Comme sa consœur la Cour des Comptes, elle ne cesse de produire des rapports parfois très accablants mais sans conséquences sur la carrière de ces filous.

L’une et l’autre épinglent des responsables de haut niveau mais, hélas, ceux-ci restent trop souvent en poste, au lieu d’être relevés de leur fonction, ou, s’ils sont virés, reviennent par une autre porte.

Une bonne manière d’encourager la gabegie. Une pratique qui mine le pays et a fini par ancrer les inégalités, l’impunité et les frustrations. Aujourd’hui, de nombreux mauritaniens ont le sentiment que certains sont nés pour s’enrichir sur le dos de leurs concitoyens et qu’ils sont même au-dessus de la loi.

Les belles intentions exprimées par-ci et par là demeurent des velléités. Les énormes richesses exhibées, parfois de manière insolente, à Tevragh–Zeïna et ses nouveaux quartiers – Casablanca, Las-Palmas ; plus récemment, Istanbul et Ankara – prouvent amplement combien le pillage des deniers publics est devenu une gymnastique nationale pour les « irresponsables mauritaniens » qui ne se gênent pas de voler. Une dérive morale hautement dangereuse.

Peu avant la publication du rapport de l’ONG Transparence Inclusive mettant à nu les « graves manquements » dans l’exécution du projet Aftout ech-Chargui, de graves révélations furent publiées sur la mauvaise gestion d’entreprises publiques comme la SOMELEC.

On connaît la suite. Le poids des tribus et le clientélisme ont été mis à contribution pour sauver ceux qui étaient présumés impliqués dans ces magouilles.

Dans ces conditions, comment éradiquer la mauvaise gestion dans notre pays ? Un pays où les voleurs avérés ou supposés sont protégés, chantés et constamment réhabilités. Une partie de l’opposition politique et la Société civile, comme récemment Transparence Inclusive, ont beau crier au scandale, au vol, au népotisme, au clientélisme, au tribalisme, rien n’y fait : ceux qui se sentent protégés et couverts au sommet continuent tranquillement de sévir et le mauritanien d’en bas de ployer sous la pauvreté et la misère.

L’augmentation récurrente des prix des denrées de première nécessité, les difficultés d’accès aux services de santé de qualité et à une bonne éducation, les injustices et les frustrations ne cessent de constituer son lot quotidien.

Et ce qui est regrettable, voire dramatique, en tout cela, c’est que tous ceux qui dénoncent cette situation sont traités d’extrémistes, de racistes ou de jaloux aux yeux de crocodile, sinon, pis, d’ennemis de la République...

Une ornière toute tracée ?

La jeunesse mauritanienne censée prendre conscience de ces dérives morales se révèle, hélas encore, plus pourrie et rapace que la vieille garde. On me rétorquera qu’elle est née dans une république qui a perdu nombre de ses valeurs depuis un certain 10 Juillet 1978.

C’est vrai mais seuls les imbéciles ne changent pas. Le cas du Rwanda du président Kagamé est là pour le prouver.

Il paraît certes très difficile, pour ne pas dire impossible, que cette jeunesse-là qui rivalise en gadgets et autres signes ostentatoires de richesse prenne un chemin différent de celui qu’elle s’est crue obligée de suivre, puisque le village, c’est-à-dire l’environnement qui devrait l’éduquer aux bonnes manières, s’est transformé en un lieu de compétition entre villas dont les voisins s’ignorent et ne se mesurent qu’en fastes châtelains et nombre de voitures garées devant leurs portes.

Les valeurs de notre sainte religion I’islam ne sont convoquées que lorsqu’elles « arrangent». Triste pays où l’argent et les intérêts égoïstes ont fini par tout dépraver et enraciner la méfiance et les crispations. Ce n’est certes pas anodin que les clameurs à l’encontre de la corruption et de la gabegie se doublent, à chaque occasion, de plaintes sur l’unité nationale...

Dalay Lam



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Commentaires (4)

  • aristocrate (F) 24/02/2024 13:30 X

    Merci Mr Lam pour toutes ces vérités que personne ne peut nier et ça fait vraiment mal de voir des institutions de contrôle encourager la gabegie et les détournements à grand échelles, je pense même que il est temps que le Président liquide ces institutions qui ne servent à rien que des dépenses inutiles (IGE, cour des comptes...). Il reste encore bcp projets d'état ou ya eu énormément de détournement(DECLIC, Ministere de l'environnement). Tout récemment AFD a renoncer le financement de projet au Ministère de l'emploi car la ministre a exiger qu'on recrute ses proches aux postes de coordinations...

  • Dangerous (H) 24/02/2024 11:19 X

    Mr Dalay, nous devons félicité Transparency Inclusive en ce concerne le projet Aftout Echargui, un bilan très négative pour le Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, pourtant cette saigné continue dans les autres institutions du même ministère avec d’autres hommes, nouvellement installé qui n’ont de souci que leur poche aux postes et le clientélisme politique en éliminant les autres, toute sorte de recrutement et de régionalisme sont permis sans l’avis de la tutelle, qui ne dit mot.

  • Dangerous (H) 24/02/2024 11:17 X

    Pour la gabegie et le détournement des deniers publics sont devenu un sport National qui est en concurrence dans le gouvernement et les institutions du pays, ceux qui refusent de perdre la main continuent sous dans d’autres institutions à prendre leurs 10% de commission sur toutes les commandes, l’aspect qualité est reléguer au 3ème plan.

  • Dangerous (H) 24/02/2024 11:16 X

    Mr Dalay, ce pays va en queue de poisson et droit au mur, le président est devenu amnésique, il ne se rappelle de rien, même souvent de sa maison familiale, il dort partout et dis des bêtises a chaque fois qu’il ouvre la bouche, maintenant on lui interdit de parler en public, donc la gabegie va continuer de plus belle et de façon pas limité, tout est permis maintenant avant la fin du 1er mandat catastrophe.