08-03-2007 00:24 - Messaoud Ould Boulkheir, le candidat haratine à la présidentielle de mars en Mauritanie

Messaoud Ould Boulkheir, le candidat haratine à la présidentielle de mars en Mauritanie



Messaoud Ould Bouljhier
n’en n’est pas à sa première candidature à la présidence en Mauritanie puisqu’il avait brigué les suffrages de ses compatriotes en 2003, obtenant le maigre score de 4,98% contre le président sortant Maaouya Ould Taya, déclaré officiellement élu avec 67,02% des voix.


Haratine (descendant d’esclaves), natif de la région de Nema (extrême est, à la frontière malienne) au milieu des années 40, Ould Boulkheir a été arraché à sa famille en bas âge par ses maîtres qui l’ont envoyé à l’école coloniale de cette ville. Une scolarité primaire normale, sanctionnée par un CEPE (Certificat d’études primaires) en 1956 et une admission au concours d’entrée en sixième en 1957.

Mais l’expérience du jeune élève au Collège Xavier Coppolani à Rosso (Mauritanie) sera de courte durée car il ne réussira pas sa sixième et sera exclu définitivement à la rentrée scolaire 1959/1960. « Bien que reconnaissant tout à fait ma part dans cette exclusion, je demeure convaincu aujourd’hui que si j’avais été « bidhane » (maure blanc), elle m’aurait été évitée », se plait souvent à dire le leader haratine.
Immédiatement après son exclusion, il réussit à se faire confier des tâches de bénévole au secrétariat du Cercle de Nema, sa ville natale, avant de participer à un concours direct pour le recrutement de commis ou secrétaires d’administration au niveau national. Il réussit à ce concours en 1960 et est muté dans le cercle d’Atar (centre nord).

Commence alors pour Messaoud une lente ascension dans la hiérarchie administrative qui le mènera successivement aux postes de chef d’arrondissement (juillet 1972), préfet (1975), gouverneur adjoint (1979) et gouverneur titulaire (1981). Entre temps, en 1978, il a créé le mouvement clandestin El Hor pour le recouvrement des droits des haratines.

Dans son dernier poste de gouverneur, Ould Boulkheir ne restera que trois mois avant de se voir nommé ministre du Développement rural dans le gouvernement issu du coup d’Etat du 12 décembre 1984, qui vit l’avènement de l’ex-président Moaouya 0uld Taya.

Pour le militant Messaoud, c’est la première fois qu’un « hartani revendiquant sa hartanité et la brandissant comme un étendard accède à toutes ces hautes fonctions dans le pays ».

Le leader haratine devait subir la rude épreuve de garder son porte feuille ministériel tout en continuant de prendre une part active à la lutte antiesclavagiste. En effet, après la publication du Manifeste négro-africain (1986), Ould Boulkheir fit l’objet de fortes pressions visant à l’instrumentaliser face à ses compagnons de lutte, ce qu’il refusa catégoriquement, payant le lourd prix du renvoi du gouvernement, le 18 mars 1988.

Il a été également de toutes les initiatives de constitution de mouvements politiques de libération. C’est ainsi qu’il initia les Forces Démocratiques Unies pour le Changement (FDUC) et sera détenu en même temps que les co-fondateurs de ce mouvement (de mai-juin 1991 à fin juillet 1991) avant de participer activement à la création de l’Union des Forces Démocratiques (UFD) dont il fut le premier secrétaire général.

Mais la « difficile cohabitation avec des opposants de dernière heure finit par me décider à quitter ce parti (où j’ai été sauvagement combattu par ceux-là même que j’ai contribué à rapprocher) », se rappelle Ould Boulkheir aujourd’hui. L’allusion est principalement faite à Ahmed Ould Daddah.

Messaoud fonda alors le parti politique Action pour le Changement (AC, 1995) qui devait être par la suite dissout arbitrairement par Ould Taya, en janvier 2002. Bien que regroupant des haratines, des négro-africains et des bidhanes, Action pour le Changement s’était vu étiqueté « raciste » par le régime de l’époque.

Ould Boulkheir tenta une nouvelle fois de se reconstituer en créant une formation politique dénommée Convention pour le Changement, aussitôt bannie par le ministère de l’Intérieur. Il se résigne alors à intégrer l’Alliance Populaire Progressiste (APP), aux penchants nasséristes, dont il demeure aujourd’hui le président.

Marié et père de onze enfants, dont 8 filles et 3 garçons, Messaoud Ould Boulkheir, incarne, pour ses intimes, l’honnêteté morale et intellectuelle.

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