09-09-2024 15:25 - Soupçons de corruption et de favoritisme : plusieurs hauts gradés de l’armée française jugés
Radio France - Une affaire de corruption et d'abus de biens sociaux, entache le transport militaire aérien d'une certaine époque, jusque dans les années 2010. Onze personnes, dont neuf officiers de l'armée, se retrouvent devant le tribunal correctionnel de Paris à partir de lundi 9 septembre.
Trois officiers généraux, six officiers supérieurs et deux cadres d'une entreprise de transport de fret aérien se retrouvent, à partir de lundi 9 septembre 2024, devant la 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris.
Ils sont accusés de favoritisme lors de la passation de marchés publics, de corruption, de prise illégale d'intérêt, d'abus de biens sociaux ou encore de violation du secret professionnel.
Avec eux, c'est tout le système du transport militaire aérien qui semble avoir été gangrené à une certaine époque, ici entre 2011 et 2015.
L'époque en question est celle durant laquelle les armées françaises ne disposaient pas encore d'avions de transport militaire. Pour les opérations les plus lourdes, les forces armées avaient recours à des compagnies de transport privé, dont des avions. Ces avions étaient essentiellement des appareils soviétiques, Iliouchine et Antonov, capables de charger du fret lourd et en quantité.
Des avions privés mis systématiquement à disposition de l'armée
Tout le monde procédait ainsi, dès les années 90. En France, une petite société francilienne, ICS (International Chartering Systems), jouait les intermédiaires en répondant aux appels d'offres du ministère, et en mettant à disposition les appareils de compagnies ukrainiennes ou russes.
C'est autour de cette société que tournent ces soupçons de corruption. En effet, pour chaque marché, ICS était presque systématiquement choisi. Pour leur défense, les militaires arguent de l'absolue nécessité d'avoir à disposition un prestataire souple et réactif, alors que se multipliaient les opérations extérieures.
Aucun des militaires mis en cause n'a tiré avantage de ces délits répétés de favoritisme, sauf un, le colonel Philippe Rives. Après avoir favorisé ICS pendant deux ans, il a été embauché par la société. À l'époque, la commission de déontologie des militaires n'avait rien trouvé à y redire.
Un reportage d'Eric Biegala, édité par Carol Sandevoir.
