11-02-2026 07:45 - Attention, aux confusions au sujet de la nomination de Ould El Waghf !

Attention, aux confusions au sujet de la nomination de Ould El Waghf !

Tout d’abord, j’informe le public, du Président de la République au simple citoyen lambda en passant par mes collègues, que l’enseignant-chercheur Yahya Ould Mohamed El Waghf n’est pas encore à la retraite vis-à-vis des lois et règlements mauritaniens et ce pour la simple raison qu’il n’a pas encore atteint l’âge de 68 ans.

La retraite à 65 ans dont on parle et dite de "Ould Bilal", a effectivement été légalisée par le décret n°2022-137 du 30 Septembre 2022 portant modification de certaines dispositions du décret n°2006-126 du 04/12/2006. Mais, elle reste, aux yeux de tous, illégitime et anticonstitutionnelle.

Ensuite, le Président de la République, Monsieur Mohamed Cheikh El Ghazouani, en tant que Chef de l’Etat, a le rôle de veiller au respect de la Constitution, d’assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et de promulguer les lois.

En lien avec notre sujet, l’article 32 la version en vigueur de notre loi fondamentale dispose que : « Le président de la République nomme aux emplois civils et militaires ». Aussi, le décret n°2016-061 du 07 Avril 2016 relatif aux emplois supérieurs de l’État a établi une liste de ces emplois supérieurs, composée de deux groupes (groupe 1 et groupe 2).

Les nominations dans les 13 emplois supérieurs de l’Etat du groupe 1, relèvent de la discrétion du Président de la République et se font par décret présidentiel. Selon l’esprit de ce décret et de celui de la Constitution, Son Excellence peut nommer des retraités dans les emplois du groupe 1.

En conséquence, évitons donc de semer les confusions dans la nomination de Ould El Waghf !

D’autre part, je saisis cette occasion pour éclairer mes chers Enseignants-chercheurs et chercheurs de l’Enseignement supérieur, sur les décrets pris en Conseils des Ministres. Ceux-ci, sont adoptés, soit définitivement, soit sous certaines réserves.

Les décrets adoptés définitivement, sont immédiatement envoyés par le SGG au Ministre initiateur et le ou les Ministres concernés pour signature et soumission, en dernier lieu, au Premier Ministre pour également la signature. Ce genre de décrets, ne doit subir pour une raison quelconque et quel que soit l’accord verbal ou écrit du Président de la République, aucune modification ultérieure.

Dans le cas extrême où la Présidence de la République (Cabinet du Président ou MSG/PR), ou la Primature ou ces deux instances, jugent la nécessite de revenir sur certaines dispositions d’un décret déjà adopté sans réserve, les règles exigent l‘obligation de refaire les formalités requises et de repasser le nouveau texte révisé devant le Conseil des Ministres pour deuxième adoption et la publication ultérieure dans le Journal Officiel. Le non-respect de ces règles et procédures, se qualifie juridiquement de forfaiture pure et simple.

Le cas des décrets adoptés en Conseils des Ministres sous réserves, est totalement diffèrent. Il suffit que le SGG lève les réserves avec les éventuelles administrations concernées pour que le texte entame le circuit des signatures qui se termine avec celle du Premier Ministre.

En conclusion, la nomination d’un collègue, déjà sur la liste des retraités au sens du décret n°2022-137 du 30 Septembre 2022, doit plutôt être comprise comme un signal fort de la part du Président de la République Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani à l’adresse de ceux qui ne cessent, pour des ambitions personnelles inavouées ou pour d’autres raisons, de faire échapper à Son Excellence le contrôle des rouages de l’Etat et de ses institutions.

Par exemple, le décret 2022-137 qui a méconnu, voire fait fi des pouvoirs du Président de la République que lui confère la constitution et qui a créé, sans fondement légal, un nouveau régime de retraite dans la fonction publique mauritanienne, va dresser contre le pouvoir tous les enseignants-chercheurs et chercheurs qui tomberont victimes, d’ici 2029, de l’alinéa 2 de l’article 39 de ce même décret.

L’interdiction de nomination des retraités à la Présidence des Conseils d’Administration des Etablissements et sociétés de l’Etat, est autre exemple car son objectif était de priver Monsieur El Ghazouani du soutien d’une catégorie importante des vrais porteurs des voix.

L’interdiction aux retraités de pouvoir gérer des projets, est une mesure dont le mal a déjà touché et touchera davantage beaucoup d’experts nationaux. Elle privilège actuellement le recrutement des étrangers (Directive du 03-01-2025 du MEF relative à la restriction officielle du recrutement des retraités).

La pression fiscale sur les citoyens et les dernières reformes de la CNAM et des hydrocarbures, s’inscrivent, pour de nombreux observateurs, dans la même logique.

Le dialogue politique en perspective, constitue également une menace réelle puisque les visées de ses principaux artisans, ne se limitent pas à satisfaire certaines doléances du pouvoir, mais plutôt à créer un environnement dans lequel la stabilité ne sera jamais possible même en acceptant volontairement de payer de lourds tributs (faites une lecture rétrospective du passé de tels artisans).

Par ailleurs, sachez, chers lecteurs et chers gardiens du pouvoir que je n’ai pas la prétention de demander un Etat de droit, sans injustice, un Etat où la vie est rose.

Tout ce que je pourrai souhaiter, serait de pouvoir continuer, le reste de mes jours, à crier, à haute voix, quant on fait mal à la Mauritanie et à partager ce mal avec les autres dans le respect de la réglementation, de l’éthique et des enseignements de notre sainte religion ; le but étant d’emmener les Mauritaniens à accepter tous les sacrifices possibles et imaginaires pour que l’entente ; la stabilité et la paix restent un bien commun, largement partagé sur toute l’étendue du territoire national.

Enfin, chapeau à l’Avocat Dr Ahmedou Abd Daim qui a bien voulu défendre, depuis 2024, le dossier des enseignants-chercheurs universitaires et hospitalo-universitaires devant la justice (chambre administrative de la Cours Suprême).

Chapeau aussi à ceux qui ont plaidé, au sein du Conseil de la Fonction Publique, pour une suppression pure et simple de l’alinéa 2 de l’article 39 du décret maudit 2022-137. Cette position mérite un bonus puisque les représentants du MESRS et du Syndicat de l’Ensup, étaient contents avec l’exception faite pour les postes académiques et pédagogiques comme s’ils ne savent pas que pour l’auteur de l’alinéa 2, celui-ci ne visait pas de tels postes.

C’était une interprétation personnelle, faite du décret pour des raisons plutôt politiques et qui n’avait pas alors rencontre une résistance de la part des Responsables des Etablissements tant d’Enseignement Supérieur et que de Recherche.

Chapeau également pour les organisations de la société civile qui envisagent défendre le dossier de l’enseignement supérieur lors des réunions prévues à Genève vers le mois de mars prochain sur les rapports présentés, entre le 19 et 30 janviers 2026, par les pays concernés cette année dont la Mauritanie.

Dr Sidi El Moctar TALEB HAMME





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