11-02-2026 22:44 - Un ancien parlementaire demande la révision de l’article constitutionnel limitant le nombre de mandats

Un ancien parlementaire demande la révision de l’article constitutionnel limitant le nombre de mandats

SAHARA MEDIAS - L’homme politique et ancien parlementaire Dane Ethmane a déclaré que son appel à revoir les restrictions constitutionnelles, y compris la question de la limitation des mandats, ne signifiait pas un recul par rapport aux principes démocratiques, mais reposait plutôt sur une nouvelle lecture de la réalité politique plus de vingt ans après l’adoption de ces amendements.

Dans une déclaration faite mercredi, Ould Ethmane a précisé que son intervention lors de la rencontre entre le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et les cadres de la moughata de M’Bout avait porté sur la question des mandats et des restrictions qui y sont liées, mais que certains éléments de son discours « n’avaient pas été compris à juste titre », selon ses propres termes, ce qui l’avait amené à clarifier sa position.

L’ancien parlementaire a ajouté que les amendements constitutionnels adoptés en 2006 s’inscrivaient dans un contexte politique particulier à la suite d’un coup d’État militaire et visaient alors à mettre en place des contrôles limitant la monopolisation du pouvoir et à établir une transition pacifique du pouvoir, soulignant que la limitation des mandats à deux et les restrictions aux conditions de candidature étaient considérées à l’époque comme des mesures dissuasives.

Ould Ethmane a déclaré que ces restrictions constituaient en substance une limitation de la liberté de choix politique et imposaient des contraintes aux acteurs politiques.

Il a ajouté : « L’évolution du paysage politique et le changement des données imposent de les réexaminer afin de les adapter à la maturité institutionnelle ».

Il a précisé que son appel à la révision « ne constituait pas un revirement par rapport à ses positions antérieures », expliquant qu’il s’était engagé dans des déclarations précédentes dans leur contexte temporel et leurs circonstances, et que chaque étape avait ses propres circonstances politiques.

Le parlementaire a souligné que les constitutions « ne sont pas des textes figés », mais des cadres réglementaires susceptibles d’évoluer en fonction de l’intérêt national et des exigences du développement démocratique, appelant à ouvrir un débat sur les restrictions imposées à la candidature, à renforcer la liberté de choix et à réévaluer la question du nombre de mandats à la lumière des nouveaux développements.

L’appel lancé par l’ancien parlementaire Dane Ethmane s’inscrit dans une série d’appels lancés ces dernières semaines pour demander une modification de la Constitution qui déverrouillerait la limitation des candidatures à deux, ce qui a suscité la condamnation et la dénonciation par un certain nombre d’hommes politiques et de partis d’opposition.





Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 4
Lus : 823

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (4)

  • activiobservat (H) 12/02/2026 02:02 X

    L’honorable émir et ex-parlementaire Dane est connu pour son franc parler et qu’il ne mâche pas ses mots. D’après les interprétations qui nous viennent de Nouakchott, toutes ces rumeurs et déclarations y compris celle de Dane au sujet de la possibilité d’un 3ème mandat sont pour le régime actuel seulement une façon de surveiller ses arrières et d’affirmer l’autorité du Président jusqu’à la fin de son mandat actuel, en brandissant cette possibilité hypothétique de 3ème mandat.

    C’est une menace mais pas un objectif en soi. Toutes ces rumeurs et déclarations y compris celle de Dane viennent dans un contexte où l’autorité du Président et de son régime avait failli être affaiblie en septembre dernier suite à certaines rumeurs de candidatures prématurées, et une pagaille qui avait commencé à s’installer.

    Cette pagaille avait été déclenchée par le ministre Ould Merzoug qui tentait naïvement de se mettre en avant, mais qui, finalement, a compris que sa candidature est un non-sens, qu’il n’en a ni l’assise politique et sociale, ni la crédibilité, ni l’envergure. Ensuite, c’était la course des pronostics vers les soi-disant dauphins ou les supposés candidats autoproclamés, et le Président actuel lui-même était oublié.

    C’est la raison pour laquelle le Président avait mis fin à cette pagaille par son discours à Néma. Alors, Le ministre Oul Merzoug avait pris peur et s’était rendu compte qu’il a commis une grave erreur en créant ainsi une pagaille embarrassante pour le régime. Alors il avait commencé à chercher à se repentir et se racheter en faisant semblant.

    De nombreux blogueurs étaient même étonnés que Ould Merzoug envisage de se présenter comme candidat car il ne pourra guère obtenir le moindre résultat. D’autres personnes parmi les figures Haratines les plus respectées, comme Boidiel, Sid Ahmed Ould Mohamed, Sidi Ould Salem, Oul Souedatt, Mohamed Ould Bilal ou El-Eid Ould Mohameden, sont mieux à même pour prétendre à une candidature éventuelle mais ils n’y pensaient pas tant que le président actuel ne les a pas proposés pour le faire, et aussi car c’est prématuré. Finalement, Oul Merzoug a été le dindon de la farce dans cette confusion qu’il a créée lui-même.

    Malheureusement, Oul Merzoug oublie que si Oul Ghazouani n’était pas dans le pouvoir depuis 2005, lui-même Oul Merzoug allait être dans les oubliettes ou même en prison depuis très longtemps. En réalité, les autres personnes citées, Hanenna et Oul Lehouerthi n’ont jamais pensé à être dauphin pour une candidature. Oul Diay non plus, loin de là. Il n’ose pas y penser.

    Il n’y avait que Oul Merzoug qui par naïveté, caprices et enfantillages, à souvent l’habitude de faire des gesticulations, des comportements maladroits à cause de ses complexes, et il était poussé par certains peshmergas à croire qu’il peut être dauphin, car ces peshmergas profitent de la naïveté de Oul Merzoug et de ses complexes pour le traire comme une vache.

    Mais Oul Merzoug a finalement bien compris qu’il est très mal placé pour y prétendre, et qu’il y a plusieurs autres hautes personnalités de l’honorable communautés haratines qui sont mieux placées que lui pour cela mais qui n’y pensent pas tant que le Président ne le leur propose. Finalement Oul Merzoug a pris peur et a été le dindon de la farce dans cette confusion qu’il a créée lui-même. C’est son habitude.

  • ouldsidialy (H) 12/02/2026 00:44 X

    J'ai vu une tribune récente co-signée par un ould Yessa. Les yessa, sont issus d'une branche cousine proche, de l'ex-famille émirale de Tagant. La tribune plaidait pour le respect démocratique des institutions. Du temps des émirats et chefferies (dont les mentalités sont romancées de nos jours), il n'y avait pas pire situation morale et politique que d'être cousin du chef. Ceci peut expliquer que souvent les enfants issus des "secondes tentes et cases" se soient illustrés après les indépendances, par des penchants gauchisants et paradémocratiques. Ils connaissent la cruauté des logiques des rapports de forces.

  • ouldsidialy (H) 12/02/2026 00:22 X

    Le nom et le prénom de cet honorable, m'évoquent des appellations fréquentes dans l'ex-famille émirale du Tagant. La culture émirale comprend bien l'efficacité du fait accompli qu'autorise le rapport de force favorable. Elle devrait aussi connaitre l'inéluctable violence perpétuelle des solutions politiques obtenues par la force.

  • Hartaniya Firilile (H) 11/02/2026 23:29 X

    Toute personne incitant le Président de la République à violer son serment constitutionnel se pose en adversaire des intérêts nationaux. Il convient d'admirer la détermination du Président Ghazouani. Messieurs les responsables de M'Bout, vous portez atteinte aux valeurs républicaines et décevez l'ensemble des cadres nationaux. Certains commerçants se permettent d'exhorter le Président à enfreindre la Constitution, alors que l'article 29 modifié est parfaitement explicite. Un ancien parlementaire devrait faire preuve de plus de retenue sur la scène politique nationale. S'il avait démontré ses compétences, il aurait simplement sollicité un nouveau mandat auprès de ses électeurs. Cependant, ces derniers ont reconnu sa pusillanimité et son incapacité à assumer ses responsabilités politiques sans encourager un représentant à transgresser nos lois fondamentales. Ces individus, motivés uniquement par leurs intérêts personnels, s'exposent aux sanctions prévues par la Constitution. Voilà les véritables agitateurs politiques, représentant un danger considérable pour la stabilité de la Mauritanie. Dane constitue une menace particulièrement grave, mais heureusement, il restera isolé dans sa démarche et ne sera suivi que par son ombre fable.