01-10-2012 19:51 - Association Culturelle et Sportive du Ksar : Cheikh Ould Gharraby oppose un niet à la tenue d’une AG
Décidément, il n’y a pas que les chefs d’Etat qui n’aiment pas les transitions, chez nous les présidents des fédérations, de ligues ou encore de clubs plus accrocheurs remportent la palme et prêchent la perpétuation, par tous les moyens. C’est le cas de Cheikh Ould Gharraby l’édile du Ksar dont le mandat à la tête de l’association Culturelle et Sportive du Ksar s’est achevé depuis plus d’une année.
Elu le 26 janvier 2009 pour un mandat de deux ans, Cheikh Ould Gharraby n’entend pas opérer une transition, ni se conformer aux textes et veut gouverner sans partage l’ACS Ksar qui est en déconfiture. Créée en 1978 par d’éminentes personnalités sportives, l’ACS Ksar est aujourd’hui aux oubliettes.
Le club le plus titré sur le plan national est devenu ce « géant » aux pieds d’argile qui se maintien dans l’élite au prix de grands efforts et sacrifices.
Décrié par les nombreux supporters et adeptes du sport roi dans la principauté. Contesté par la majorité des membres fondateurs et par une grande partie des sympathisants encore restés « accrochés » aux cotés de cette formation ksaroise et par une grande partie des membres de l’ACS, Ould Gharraby s’agrippe à un fauteuil qu’il ne veut céder sous aucune poussée.
Une situation délétère et un vide institutionnel auquel s’emploient à restaurer la majorité des bras fondateurs et les adeptes qui y croient encore pour emmener Ould Gharraby à organiser une assemblée générale, à leur tête Limam Ould Moulay Oumar membre bâtisseur, ancien patron du club et co- président d’honneur de l’ACS Ksar avec Yahya Ould Cheïguer. Rattrapé par ses « réalisations », Ould Gharraby tente de s’accrocher
Rattrapé par sa gestion unilatérale de l’ACS, sa main mise exclusive sur le club Cheikh Ould Gharraby est controversé. On lui reproche entre autre son isolement et la marginalisation des membres de sa structure, sa mauvaise gestion administrative du club, son bilan négatif, les mauvais résultats jamais enregistrés par le club (l’équipe la plus titrée a terminé à la dixième place, juste devant le premier reléguable lors de la précédente saison) en plus d’une piètre prestation en coupe. La situation catastrophique dans laquelle baigne le club qui n’est plus que l’ombre de lui-même depuis sa prise de fonction en est une parfaite illustration.
Une initiative avortée
A l’initiative de son secrétaire général Béchir Ould Bellal, une réunion à laquelle avaient pris part les deux présidents d’honneur (Limam Ould Moulaye Oumar et Yahya Ould Cheïguer) s’était tenue dans le bureau du maire-président pour ajuster la situation et l’emmener ainsi à convoquer une assemblée générale, mais le consensus n’a pas été trouvé et à l’issue de cette rencontre l’impasse demeure toujours. Chacune des deux parties campe sur ses idées.
Rien ne s’oppose à la tenue d’un renouvellement du bureau de l’association
Et pourtant, au vu du Règlement de cette Association Culturelle et Sportive du Ksar dont nous avons une copie, rien ne s’oppose à la tenue de cette AG. D’ailleurs, c’est en ce sens qu’ une lettre en date du 2 septembre 2012 avec ampliations à la délégation régionale de la Culture de la Jeunesse et des Sports du ksar, à la FFRIM et aux membres fondateurs de l’Association (dont nous détenons une copie) a été envoyé à l’actuel président signée par les deux présidents d’honneur dans laquelle ils lui demandent d’organiser une AG conformément aux statuts de l’association.
Cette correspondance se fonde sur les recommandations du procès verbal de la dernière AG Elective du 26 janvier 2009 (dont nous avons une copie) en lui rappelant que le mandat du bureau est achevé depuis janvier 2011. Et que depuis lors, il n’a jamais été procédé au renouvellement de ce bureau. Ainsi, devant cette situation et pour la prospérité de l’association, la sauvegarde des intérêts de la cité, ils tiennent au respect des lois et à l’application des textes qui régissent les activités de l’association.
De plus, en leur qualité de présidents d’honneur de cette structure ils l’interpellent, à plus d’un titre pour veiller à l’égalité, aux bons usages et coutumes qui ont toujours été prônés et respectés dans cette association et qui doivent demeurer pour toujours, note la lettre.
Tous les ingrédients sont réunis pour la tenue d’une AG
Selon les textes, tout milite en faveur des adeptes d’une réforme pour le rétablissement de l’ordre institutionnel. Premièrement, selon l’article 15, l’Assemblée Générale Ordinaire a lieu tous les deux ans. Elle élit pour un mandat de 2 ans le président d’honneur, le président, les membres du bureau et les membres du bureau des supporters. Ils sont tous rééligibles. Elle (l’AGO) entend aussi les rapports des activités et financiers présentées par le bureau et statue sur leur approbation.
Elle procède également aux éventuelles modifications des statuts. Toutes ses décisions sont prises à main levée et à la majorité simple des membres présents. Dans ces même orientations, l’article 16 dit : l’Assemblée Générale Extraordinaire peut être convoquée dans des circonstances exceptionnelles par le bureau ou à la demande des 2/3 des membres de l’Association à jour de leurs cotisations.
« Après épuisement du recours à l’amiable, il faut restaurer la légalité coûte que coûte »
Interrogé sur cette situation monsieur Limam Ould Moulaye Ould Oumar, fonde ainsi leur requête sur trois points essentiels. D’abord sur le plan moral en sa qualité de mandataire (il possède un mandat écrit par les fondateurs de l’ACS) et ensuite de président d’honneur et en vertu des textes et règlements généraux qui sont en train d’être bafoués et enfin en sa qualité de prédécesseur de l’ « actuel » président.
S’appuyant sur les dispositions statuaires (articles 15, 16, 21 et 24) l’autorisant à user de sa « casquette », l’ancien patron du club de cette Principauté qui entend par tous les moyens légaux à le sauver, s’emploie à cet exercice.
« Notre mandat est illimité, dixit Meyeye Ould Ely »
Joint au téléphone l’autre partie par la voix de Meyeye Ould Ely le trésorier général, nous dit d’abord que l’heure n’est pas à la tenue d’une Assemblé Générale à la veille de l’ouverture de la saison 2012-2013 de football. Selon lui, le président et les 2/3 du bureau (qui leur sont d’ailleurs acquis) ont décidé de reporter cette assemblée jusqu’à la fin de la saison. Juridiquement avance t-il, ils sont les seuls habilités à convoquer une AG. En plus il ajoute, l’ancien président (Limam Ould Moulaye Oumar) a par écrit donné un mandat illimité à Cheikh Ould Gharraby.
Qui gagnera dans ce bras de fer ?
A quelques pas de l’ouverture de la saison sportive (la saison est ouverte depuis le premier septembre dernier) et à quelques semaines du démarrage du championnat national de première division édition 2012-2013, cette situation risque de porter un grand coup de fouet à l’équipe.
Dans tous les cas, face au pourrissement de cette affaire, le club qui n’existe plus que de nom, en pâtira. Et en s’agrippant au fauteuil présidentiel de cette association, Cheikh Ould Gharraby entretient une situation paralysante dans cette ACS qui méritait mieux, au grand dam de ses supporters (déroutés) et à la vive consternation des membres influents (désillusionnés) de cette association ksaroise. Enfin, avec ce bras de fer, vont- ils réussir à le pousser vers la porte de sortie, ou échappera t-il à leur vindicte ? On le saura dans les prochains jours.
Hachim Aidara
