10-03-2013 20:24 - Coordination du Groupe « Ensemble contre les violences faites aux femmes » : Discours du 8 mars
Excellences Mr les Ambassadeurs
Au Représentant de la Coopération Française
Au Représentant de la Coopération Allemande
Mes dames les présidentes des coopératives et organisations féminines
Aux Représentants de la presse nationale et internationale
Aux représentants des artistes Mauritaniens
Honorables Invités
Permettez-moi au nom de la coordination « Ensemble contre les violence faites aux femmes » ( Coordination de plus d’une quarantaine d’organisations des droits des femmes et de la lutte contre les violences faites aux femmes), vous souhaitez la bienvenue parmi nous à l’occasion de la commémoration de la fête du 8 mars, fête internationale de la femme, placée cette année sous le thème « la promesse est une promesse ».
Ce slogan n’est pas fortuit car plusieurs engagements ont été faits, très peu sont ceux qui ont fait l’objet d’un suivi ou d’une application.
Face à un contexte mondial fortement marqué par des disparités en terme de développement, affecté par les récentes crises financières et alimentaires et face à un contexte sous régional instable aux conséquences imprévisibles sur une situation nationale déjà crispée , la célébration du 8 mars constitue cette année pour les femmes mauritaniennes une occasion d’exprimer leur solidarité avec les femmes victimes des guerres et d’attirer l’attention des gouvernants sur les menaces qui pèseraient sur les acquis et réalisations faites en matière de promotion des droits des femmes.
Certes ces dernières années, la Mauritanie a fait quelques avancées sur le chemin de la promotion des droits politiques et civiles des femmes, mais force est de constater que si le chemin est long et parsemé d’embûches, la volonté politique reste l’unique voie pour parachever le rêve de toutes les femmes mauritaniennes, qui est celui d’appartenir à une nation qui reconnait et valorise le rôle et le statut de la femme.
Par ailleurs, grâce à l’action militante des femmes et aux soutiens de bonnes volontés et des partenaires techniques et financiers, plusieurs chantiers ont été ouverts et des batailles ont été gagnées.
Au plan politique, la participation de la femme est irréversible car elle a apporté les preuves pertinentes de ses capacités en matière de gestion et de leadership.
Mais la femme mauritanienne est en droit de se poser des questions : A quand une femme premier ministre de la Mauritanie ? A quand une femme présidente de l’Assemblée Nationale ou du Sénat ? A quand une femme à la tête de la SNIM, de la Douane, du Port Autonome, de la Sûreté Nationale, etc. ?
Au plan social, sa participation dans le mouvement citoyen et dans la promotion des droits des femmes n’est plus à démontrer. Les campagnes de mobilisations sociales sur les droits des femmes et les différents foras et rencontres organisés ont permis de démontrer les capacités et toute l’intelligence des femmes à contribuer à la formulation de politiques et stratégies cohérentes de développement.
Il y’a lieu de signaler qu’en dépit des résultats obtenus grâce à la participation citoyenne de la femme, qu’elle est pratiquement inexistante dans toutes les instances judiciaires et administratives du pays .Il en est pratiquement de même dans le domaine des affaires.
Cette situation est inacceptable d’un point de vue du droit et de la morale, lorsque l’on sait que la femme mauritanienne à prouver ses capacités de participation et de collaboration mais aussi et surtout parce qu’il serait utopique de croire que l’on pourrait développer un pays en marginalisant la frange la plus importante de la population (+de 51%)
Comme vous le savait, honorables invités, ce slogan « Promesse est une promesse » est très évocateur, quand bien même que plus de la moitie de la population mondiale est féminine ; nombreuses sont les attentes qui restent insatisfaites. Nous devons alors redoubler de vigilance, combiner nos forces et énergies afin de maintenir les acquis et réaliser notre ambition. Une ambition d’un monde plus juste et plus équitable.
Pour ce faire le quota pour la participation politique des femmes doit être revu à hauteur de 33% qui constitue un des objectifs du millénium pour le développement ou pourquoi pas tout simplement la parité. Les réserves portées sur la CEDEF doivent être levées. Certains articles du code de statut personnel doivent être alignés sur les normes internationales et la loi criminalisant toutes les formes de violences, les violences qui sont devenues pratiquement notre quotidien, cette loi doit être promulguée sur la base d’une concertation entre les pouvoirs publics et la société civile.
La mise en œuvre de ces reformes permettrait d’améliorer de manière significative le statut et le rôle de la femme et ouvrirait de nouvelles perspectives pour un développement harmonieux du pays
Avant de vous inviter à la visite des stands, permettez-moi, chers invités, d’abord de remercier nos partenaires financiers de la coopération française et allemande qui ont contribué à la célébration de cette fête de femmes et de conclure mon discours par cette note d’espoir « Notre espoir est grand, nos convictions sont fortes et notre détermination est sans faille, car notre cause est juste »
Vive l’égalité des chances
Je vous remercie
Salimata Sy
