15-01-2021 17:24 - Mauritanie, le procès programmé de l’ex Président Aziz

Mauritanie, le procès programmé de l’ex Président Aziz

Mondafrique - Alors que l’enquête judiciaire sur les biens mal acquis par l'ex président, Mohamed Ould Abdel Aziz et les siens se termine, un procès pour enrichissement illicite est désormais inéluctable pour clore une page dramatique de l’Histoire mauritanienne.

Cette semaine, on devrait connaitre l’épilogue du feuilleton qui a commencé avec l’enquête de la commission parlementaire sur les frasques de l’ex président Aziz qui a régné sur la Mauritanie jusqu’en 2020.

L’enquête de la Police des crimes économique a conduit à constituer un dossier très lourd qui montre comment l’ex chef d’état et les siens ont fait main basse sur le pays. Ce qui rend le procès inéluctable et une condamnation hautement probable.

Enrichissement illicite

L’enrichissement illicite du clan Aziz est difficilement contestable. Comment un président et sa famille proche pourraient se retrouver à la tête de la première fortune du pays en une seule décennie ?

Son fils Bedredine a abandonné l’école avant de passer son bac, il n’exerce aucune activité commerciale connue, sauf la propriété d’un garage d’entretien et de réparation de véhicules. Or il s’offre des appartements aux Iles Canaries, roule dans des voitures de luxe, arbore des montres Hublot de plus de 40 millions d’ouguiya, la monnaie mauritanienne, et revendique des dizaine de villas et de propriétés en Mauritanie et ailleurs.

La régente de Nouakchott

L’ex première dame, Tekber mint Ahmed que certains n’hésitaient pas à appeler la régente de Nouakchott en la comparant avec Leila Trabelsi, surnommée » la régente de Carthage », s’est payé un duplex dans le XVIème arrondissement de Paris. Ce qui pourrait lui valoir une procédure pour « biens mal acquis » comme les présidents congolai et gabonais.

La même des biens immobiliers au Maroc, en Turquie et aux Emirats Arabes Unis. Cette grande femme d’affaires est toujours payée par la Banque Centrale Mauritanienne et se soigne aux frais de la Secu en France.

Sa fille Asma, celle qui, ces dernières années nommait et limogeait les hauts fonctionnaires, faisaient et défaisaient les carrières se retrouve aujourd’hui à la tête d’une immense fortune alors qu’elle non plus, n’a jamais occupé aucune fonction ni exercé aucune activité commerciale. Des dizaines d’immeubles et de terrains sont en son nom à Nouakchott et Nouadhibou.

Son époux Mohamed Boussabou s’est transformé d’un simple vendeur de voiture d’occasion en un florissant homme d’affaire. Alors qu’il était simple employé de la SNIM, le grand monopole étatique qui exploite le fer, première richesse nationale, il avait la haute main sur la vente du minerai mauritanien. De Paris où il menait sa barque il était l’intermédiaire obligé des chinois et des hollandais qui convoitaient le fer mauritanien.

Sa deuxième fille Leila, la plus discrète s’est fait connaitre en bradant un patrimoine foncier illégalement acquis par sa mère dont une bonne partie est passée entre les mains de Cheikh Ali Ridha.

Son cousin et prête nom Mohamed Lemine Ould Bobatt a en son nom un immeuble qui est le siège du projet de la fameuse International Medical Center tout comme la compagnie d’assurance dont les déboires avec la Justice sont à « la Une » ces derniers jours. Sans même parler d’un nombre considérable de « businesses » dans la pêche l’agriculture et la manutention.

Enfin on peut ajouter le Duo Mohamed Abdallahi Iyaha/ Foil Ould Lahah, prète-noms de l’ancien Président.

« Je suis riche, et alors? »

Mohamed Ould Abdel Aziz s’en est tenu à sa stratégie de défense en refusant systématiquement de coopérer avec ces différents enquèteurs. Il a mis en avant « le procès politique » qui lui est fait et l’immunité que lui confèrerait selon lui l’article 93 de la Constitution.

« Mon argent ne vient ne vient du Trésor, ni de la Banque Centrale Mauritanienen », a affirmé l’ex Président, sans nier avoir accumulé une grande fortune. A entendre ses avocats, il se serait enrichi grâce aux rogatons des différentes campagnes électorales, ou encore grâce aux « cadeaux » de certains dirigeants étrangers.

Piètre défense, ne serait ce qu’au vu d’une bonne dizaine de projets immobiliers importants à l’arrêt: immeubles, centres commerciaux, blocs entiers de la zone de Sukuk, le tout laissé en « friche » en attendant l’épilogue du dossier judiciaire.

Par Nicolas Beau





Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Source : Mondafrique
Commentaires : 4
Lus : 6039

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (4)

  • Sahelien-morali (H) 19/01/2021 17:20 X

    Oul Ghazouani avait essayé de d’éviter de mener ces poursuites judiciaires en les confiant au Parlement pour noyer l’affaire, car le Parlement n’est pas une source judiciaire. Ce que le Parlement avait établi et listé comme crimes économiques avait déjà été établi et listé par les blogueurs et les journalistes et certains opposants au temps même où le régime de Ould Abdel Aziz était en place. La commission parlementaire ne pouvait cacher toutes ces listes de crimes économiques. Ce jeu de cache-cache pour retarder les poursuites judiciaires a quand même permis au régime du président Ghazouani de gagner une année 4 mois sans entrer dans le vif du sujet. Mais, à présent que la pression nationale et surtout internationale se fait sentir, il faut commencer à penser à trouver une autre étape toujours pour noyer l’affaire. Tout prête à croire que la volonté actuelle du régime est de noyer l’affaire chez les pauvres juges, sur lesquels sera rejetée la responsabilité de blanchir les personnes poursuivies, Oul Abdel Aziz en premier lieu, ou encore de leur infliger des sanctions insignifiantes en termes de peines et de remboursements insignifiants par rapport à la valeur des biens détournés qui est sans précédent dans l’histoire du pays et de la sous-région ouest africaine. . EN GARDANT UNE PARTIE DE CE QU’ILS ONT DETOURNE, ILS SONT TOUJOURS GAGNANTS ET C’EST MOTIVANT POUR CE GENRE DE PROFILS POUR ALLER DANS L’AVENTURE.

  • activiobservat (H) 18/01/2021 17:31 X

    Les poursuites de la gabegie de la décennie de Ould Abdel Aziz, si elles vont se faire, en tous cas, ce régime actuel ne peut pas les faire car tous ceux qui sont responsables de mener ces poursuites sont eux-mêmes mouillés dans d’autres affaires, ou, ils sont tous simplement craintifs et hésitants. Ils ne sont pas des hommes d’Etat au vrai sens du mot. Ils ne mesurent pas par rapport à l’intérêt national la gravité de cette gabegie dont l’ampleur est sans précédent dans l’histoire du pays et dans la sous-région ouest africaine.

    Les principaux responsables pour mener ces poursuites sont : le ministre de la justice, Oul Boyé, fils de Abdellah oul Boyé. Ce ministre est nonchalant, de mentalité bédouine (pas au sens péjoratif mais au sens de tribale), il avance au même rythme que son président Ghazouani, lui-même encore plus craintif et hésitant dans le traitement de l’affaire. Le ministre de l’intérieur, Oul Merzoug, qui n’arrive pas à s’affranchir de sa perception d’être nommé par discrimination positive et d’assumer concrètement sa responsabilité dans le traitement de l’affaire.

    Au contraire, Oul Merzoug se soucie surtout de comment s’habiller et sortir sur les écrans. Oul Merzouk, l’actuel ministre de l’intérieur, avait été placé par Maaouiya O. Taya à l’OMVS, mais il a été vite asservi par les sénégalais durant l’exercice de son mandat pour servir leurs intérêts. L’ex président sénégalais Abdoulaye Wade l’utilisait de manière facile et vulgaire pour des malversations dans la gestion de l’OMVS. Wade lui apportait tout son appui pour renouveler son mandat afin de continuer sa sale besogne de mauvaise gestion pour servir les intérêts de Wade.

    A la fin de son deuxième mandat à l’OMVS, Oul Merzouk a été arrêté et emprisonné par les sénégalais au temps du président Maky Sall pour des motifs liés à la mauvaise gestion de l’Organisation. Et c’est grâce à l’intervention de l’ex président Oul Abdel Aziz qu’il a été libéré de son arrestation à Dakar.

    Oul Abdel Aziz, malgré ses défauts, a ainsi affranchi Oul Merzoug de l’asservissement exercé sur lui par les Sénégalais. Cette situation était honteuse et déshonorante pour tous nos ressortissants à Dakar qui voyaient un compatriote appuyé et asservi par un autre pays pour les intérêts de ce pays.

    Quant au président Ghazouani, on ne doit pas lui demander plus que ses capacités. Pourtant de bonne éducation et de bonne foi, depuis plus d’une année, il distribue à gauche et à droite toute sorte d’avantages pour qu’on oublie les poursuites judiciaires de la décennie précédente et le laisser lui tranquille, lui donner la paix, car il a des craintes terribles et un embarras qui l’habitent. Il a gardé cette peur de son prédécesseur depuis qu’il le servait comme Chef d’Etat-major.

    Cette même peur l’avait poussé à bien garder le pouvoir pour son prédécesseur au moment où ce dernier était longuement hospitalisé. La même peur l’avait obligé d’accepter d’être candidat à la présidence en 2019, à la demande de son prédécesseur. La même peur l’oblige maintenant à faire passer le temps pour retarder les poursuites des personnes impliquées dans l’affaire de la dernière décennie.

    Une demande pressante et croissante d’une certaine opinion publique nationale et internationale au Président Ghazouani pour qu’il cesse de faire passer le temps pour retarder ces poursuites. Cette pression continue malgré les distributions des milliards aux populations face au coronavirus, mais aussi pour calmer cette demande pressante de cesser de faire passer le temps pour retarder les poursuites et récupérer les biens publics détournés dont la valeur est sans précédent dans l’histoire du pays et de la sous-région ouest africaine.

  • pyranha (H) 15/01/2021 18:46 X

    Et pourtant malgré ces criminalités graves, **** certains de nos voyous et collabo le poussaient à faire un 3e mandat où sont ils ces imbéciles ****. Pour la peine qu'on doit infliger à cet arrogant ****, la peine la plus magnanime et très douce qu'il doit subir ,c'est celle de son mentor Saddam Hussein.pas plus la Pendaison pur et simple.

  • maham68 (H) 15/01/2021 18:46 X

    Après le procès. Aziz on doit diligenter une enquête sur la fortune de tous les hommes d'affaires mauritaniens qui se sont enrichis tous en connivence avec les différents régimes. À chaque régime son club d'hommes d'affaires, tous des vampires