20-11-2023 21:15 - Le Hamas accuse Israël d'une frappe meurtrière sur un hôpital de Gaza

Le Hamas accuse Israël d'une frappe meurtrière sur un hôpital de Gaza

TV5 MONDE - Le Hamas a affirmé lundi que l'armée israélienne avait lancé une frappe meurtrière sur un hôpital assiégé du nord de la bande de Gaza, où les soldats ont étendu leur offensive contre le mouvement islamiste palestinien, qui accuse Israël de mener la guerre contre les hôpitaux.

Par ailleurs, 28 bébés prématurés évacués la veille de l'hôpital al-Chifa, pris d'assaut le 15 novembre par l'armée israélienne, sont arrivés lundi en Egypte, a annoncé l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Alignés sur des civières, tous coiffés du même bonnet vert et enveloppés dans des couvertures, ils ont été transportés dans des ambulances du Croissant-rouge palestinien puis pris en charge dans des couveuses individuelles en Égypte après avoir franchi le poste-frontière de Rafah.

Au total, 31 bébés avaient pu sortir du plus grand hôpital de la bande de Gaza, situé dans le nord, décrit par l'OMS comme une "zone de mort" et où huit nourrissons étaient morts avant leur transfert, selon un responsable palestinien.

L'hôpital al-Chifa, qui abritait selon Israël un repaire du Hamas au coeur de Gaza-ville, est privé d'électricité et la pénurie de carburant dans le territoire palestinien assiégé empêche notamment les couveuses de fonctionner.

Dans le nord du territoire, où se concentre l'essentiel de l'offensive israélienne, une frappe a tué lundi au moins "12 patients et leurs proches" et fait "des dizaines de blessés" dans l'hôpital indonésien, en bordure du grand camp de réfugiés de Jabaliya, selon le ministère de la Santé du Hamas.

"L'OMS est horrifiée par l'attaque sur l'hôpital indonésien à Gaza", a déclaré le chef de l'Organisation mondiale de la Santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus sur X (ex-Twitter).

"Environ 700 malades et soignants" se trouvent dans cet hôpital "assiégé" par l'armée israélienne, a affirmé le porte-parole du ministère, disant redouter "qu'il s'y passe la même chose qu'à al-Chifa".

Selon le gouvernement du Hamas, des dizaines de chars et de blindés déployés aux abords de l'hôpital tiraient à la mitrailleuse et à l'artillerie sur l'établissement.

Le mouvement islamiste ne cesse de répéter qu'Israël mène "une guerre contre les hôpitaux" de Gaza, dont la quasi-totalité dans le nord du territoire ne fonctionnent plus. Plusieurs hôpitaux ont été visés par les frappes depuis le début de la guerre le 7 octobre, suscitant la réprobation d'une partie de la communauté internationale.

Israël accuse de son côté le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, de se servir des hôpitaux à des fins militaires et d'utiliser les civils qui s'y trouvent comme des "boucliers humains", ce que le mouvement palestinien dément.

Lundi, un haut responsable militaire israélien a affirmé qu'il n'y avait quasiment plus de tirs de roquettes du Hamas vers Israël depuis le nord de Gaza.

"Le Hamas détient toujours une puissance de feu. Si nous voulons l'éliminer, nous devons aller vers le sud. Nous ne pouvons pas faire autrement", a indiqué ce responsable, sous couvert d'anonymat, alors que des centaines de milliers de déplacés palestiniens s'entassent dans le sud de la bande de Gaza.

Lundi, des sirènes d'alerte ont retenti à Tel-Aviv, selon des images de l'AFP.

Trêve contre libération ?

En Israël, 1.200 personnes, en grande majorité des civils, ont été tuées, selon les autorités, dans l'attaque lancée le 7 octobre par des commandos du Hamas infiltrés depuis la bande de Gaza, d'une ampleur et d'une violence inédites dans l'histoire du pays.

Selon l'armée, 67 soldats israéliens ont été tués à Gaza depuis le début de la guerre.

En réponse, Israël a juré d'"anéantir" le Hamas, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël, et pilonne sans relâche le territoire palestinien, où son armée mène également depuis le 27 octobre une offensive terrestre.

Dans la bande de Gaza, plus de 13.300 personnes ont été tuées dans les bombardements israéliens, dont plus de 5.600 enfants, selon le gouvernement du Hamas.

"Tuer des enfants et des civils innocents ne fera qu'alimenter la résistance", a déclaré lundi le porte-parole de la branche armée du mouvement, qui se fait appeler Abou Obeida.

L'armée israélienne estime qu'environ 240 personnes prises en otage par le Hamas ont été emmenées à Gaza.

Le Qatar, qui mène une médiation pour tenter d'obtenir leur libération en échange d'une trêve, a assuré dimanche qu'il ne restait que des obstacles "très mineurs" en vue d'un accord.

Lundi, le président américain Joe Biden a dit croire qu'un accord était proche.

Ces avancées n'ont été confirmées ni par le Hamas ni par Israël, dont le gouvernement refuse tout cessez-le-feu sans libération des otages. Leurs proches vont rencontrer lundi l'ensemble du cabinet de guerre.

"Des dizaines" de victimes

Israël a annoncé lundi "étendre ses opérations dans de nouveaux quartiers", notamment dans le secteur de Jabaliya, aux portes de Gaza-ville.

Des tirs d'artillerie et des frappes aériennes ont détruit des immeubles dans le centre-ville de Gaza, selon un journaliste de l'AFP.

Des médecins à l'hôpital Ahli Arab à Gaza ont dit à l'AFP avoir reçu "des dizaines" de morts et de blessés.

Lundi, la clinique de Médecins sans frontières à Gaza-ville "a été la cible de tirs", et "quatre voitures de MSF ont brûlé", une cinquième coupée en deux, a affirmé l'ONG, sans nouvelle d'un de ses membres et de ses proches.

"Nos collègues racontent qu'un mur s'est écroulé et qu'une partie du bâtiment a été ravagée par les flammes, alors que de violents combats avaient lieu tout autour. Un char israélien a été vu dans la rue", a ajouté MSF sur X.

L'armée israélienne, qui continue à fouiller chaque recoin de l'hôpital al-Chifa, a dit avoir découvert dans cet immense complexe un tunnel long de 55 mètres et creusé à 10 mètres de profondeur contenant des "lance-grenades, des explosifs et des kalachnikov".

Selon l'OMS, al-Chifa hébergeait encore dimanche 20 soignants et plus de 250 patients, après l'évacuation samedi de la plupart des quelque 2.300 personnes qui y étaient restées bloquées pendant des jours selon l'ONU.

Après le feu vert d'Israël vendredi, environ 120.000 litres de carburant, indispensable pour les générateurs des hôpitaux, sont arrivés samedi selon l'ONU, qui estime ces livraisons insuffisantes.

D'après l'ONU, près de 1,7 million des 2,4 millions d'habitants ont été déplacés par la guerre dans la bande de Gaza, soumise depuis le 9 octobre à un "siège complet" par Israël, qui bloque les livraisons de nourriture, d'eau, d'électricité et de médicaments.

Situation "intenable"

Dans la ville de Khan Younès (sud), certains s'abritent de la pluie sous des tentes de fortune alignées sur un parking boueux proche de l'hôpital Nasser, selon des images tournées par l'AFP.

Lundi, un premier hôpital de campagne venu de Jordanie est arrivé dans la bande de Gaza pour être installé à Khan Younès.

Dans le sud du territoire, qui n'est pas non plus épargné par les frappes, des habitants de Rafah fouillaient lundi les décombres de leur quartier dévasté après un bombardement sur un immeuble, selon des images de l'AFP.

"Nous dormions à la maison et nous sommes venus voir ce qui s'était passé après avoir entendu un grand boum. Nous avons trouvé des bâtiments réduits à l'état de ruines", a témoigné un habitant du quartier, Shehda Mosallem.

Par AFP

Par Adel ZAANOUN

© 2023 AFP




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