03-06-2026 15:51 - Mauritanie : 110 migrants secourus après la panne du moteur de leur embarcation

Mauritanie : 110 migrants secourus après la panne du moteur de leur embarcation

INFO MIGRANTS - Dans la nuit du mardi 2 au mercredi 3 juin, 110 migrants ont été secourus par les gardes-côtes mauritaniens après une panne du moteur de leur embarcation. Parmi eux, on compte 12 femmes et trois mineurs. Les exilés avaient pris la mer depuis la Gambie, de plus en plus empruntée pour tenter d’atteindre les Canaries en essayant d’échapper au renforcement des contrôles au large de la Mauritanie.

Les interceptions de migrants s’enchaînent ces derniers jours au large de la Mauritanie. Dans la nuit du mardi 2 au mercredi 3 juin, une embarcation avec 110 migrants à son bord, dont 12 femmes et trois mineurs, a été secourue près de Nouakchott, la capitale.

Le sauvetage, qui a duré huit heures, "s'est déroulé à environ huit milles marins [environ 14 km, ndlr] de la côte dans des conditions météorologiques difficiles", explique un communiqué des gardes-côtes.

Touchée par une panne en pleine mer, la pirogue qui partait de Banjul, la capitale gambienne, réunissait 80 Maliens, 12 Sénégalais, 10 Gambiens, trois Ivoiriens, quatre Mauritaniens et un Nigérian. Ils cherchaient à rejoindre les Îles Canaries.

Entre jeudi 28 et dimanche 31 mai déjà, 578 exilés avaient été interceptés en mer par les autorités mauritaniennes lors de quatre opérations. La plupart de ces personnes avaient elles aussi pris la mer depuis les rives gambiennes. Ces derniers mois, les départs de migrants depuis la Gambie en direction de l’archipel espagnol se sont multipliés, à mesure que les contrôles policiers se sont renforcés plus au nord.

"Ce récent déplacement est dû au resserrement d’autres voies migratoires : celle du Maroc depuis un moment, et plus récemment celle de la Mauritanie et même du Sénégal du fait des contrôles accrus sur les côtes", avait expliqué l’an dernier à InfoMigrants Delphine Perrin, chargée de recherche à l’IRD (Institut de recherche pour le développement) et membre du POMAF, un collectif de chercheurs spécialistes des politiques migratoires africaines.

En effet, depuis la signature en 2024 d’un accord entre l’Union européenne (UE) et la Mauritanie, le contrôle aux frontières mauritaniennes a été renforcé pour "lutter contre le trafic de migrants et la traite des êtres humains" en échange de promesses d’emplois et de la mise en place de centre d’accueil, selon un communiqué de la Commission européenne. Un partenariat stratégique, la Mauritanie étant ces dernières années le principal point de départs des migrants vers les Canaries.

Des routes vers l'Espagne particulièrement sollicitées

Mais partir depuis la Gambie multiplie les risques en mer pour les migrants. "Les voyages sur l’Atlantique sont déjà risqués. La distance est importante - il faut entre quatre et sept jours de navigation si tout se passe bien [pour rejoindre l'archipel espagnol] -, ce qui accroît les risques de se perdre en mer, de chavirer ou de souffrir de la faim, de la soif ou de malaise, d’autant que le comportement des passeurs peut accroître le danger", avait aussi rappelé Delphine Perrin.

Reste que le renforcement des contrôles a eu un effet sur les arrivées aux Canaries : depuis le 1er janvier 2026, 3 184 personnes, réparties dans 41 canots, sont arrivées dans l’archipel espagnol, contre 10 983 à la même période de 2025. Soit une chute de 71 %, d’après le ministère de l’Intérieur espagnol.

Mais les routes migratoires semblent s’être déplacées. Les arrivées dans l’enclave espagnole de Ceuta ont explosé cette année. Près de 2 300 personnes ont débarqué sur ce petit bout de terre espagnol sur le sol africain depuis le 1er janvier 2026, contre 704 à la même période de 2025. Soit une hausse de 224 %.

Du côté des Baléares aussi, cela fait depuis 2024, soit le début de la mise en pratique de l’accord entre l’UE et la Mauritanie, que le nombre d’arrivants ne cesse de grimper : les autorités ont accueilli 2 166 migrants depuis le début de l’année, contre 1 906 à la même période l’an passé. Et ce malgré le fait que cette route maritime soit particulièrement meurtrière. Selon l'ONG Caminando Fronteras, sur l'année 2025, 1 037 personnes parties d'Algérie vers les Baléares ont perdu la vie. Elles étaient de moitié moins (517) en 2024.

Par La Rédaction





Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 0
Lus : 203

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (0)