08-07-2026 12:31 - L'Editorial du Calame : La charrue avant les bœufs

L'Editorial du Calame : La charrue avant les bœufs

Le Calame -- Comme l’année dernière et dans le souci de promouvoir le tourisme intérieur, évitant ainsi des saignées de devises préjudiciables à l’économie, le gouvernement a vivement conseillé aux fonctionnaires d’éviter autant que faire se peut de passer leurs vacances à l’étranger.

Un conseil qui sonne comme une mise en garde qui ne dit pas son nom. Il n’est en effet pas normal que dans un État aussi pauvre que le nôtre où les disparités sociales sont flagrantes, des centaines de familles, pour ne pas dire des milliers, s’entassent dans les avions dès le début des grandes vacances pour aller écumer les plages des Canaries, les quartiers cossus de Casablanca, Dubaï ou Istanbul, dépensant sans compter et, le plus souvent, l’argent du contribuable détourné d’une façon ou d’une autre.

La mesure, qui a suscité des grincements de la part de certains habitués à se prélasser et à prendre du bon temps ailleurs, a été particulièrement bien accueillie à l’intérieur du pays où les auberges, les hôtels et les maisons d’hôtes avaient, l’été dernier, affiché complet dans plusieurs localités touristiques et l’activité économique enregistré un net regain.

Ce qui constitue, in fine, l’objectif de la mesure, mais, pour qu’elle soit de plein effet, il lui faut un terrain propice. Les villes de l’intérieur manquent encore d’électricité (les délestages y sont monnaie courante) et d’eau.

La connexion Internet y est très faible et les structures de santé n’offrent, parfois, même pas le minimum vital. Encourager le tourisme est une bonne chose, mais éviter de mettre la charrue avant les bœufs est encore meilleur.

Ahmed Ould Cheikh



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Commentaires (1)

  • ouldsidialy (H) 08/07/2026 19:50 X

    Un commerçant qui dépense à Tijigja de l’argent mal acquis serait moralement justifié plutôt qu'aux Canaries ? L'argent est moralisé par l'endroit où on le dépense ? Il nous faudrait donc davantage d'attractions au plus proche de la Kaaba ; mais s'il vous plait et si possible, en dehors de la zone sainte. 1) La moralisation de la délinquance économique par le tourisme solidaire ou la religion est une perversion morale sans efficacité durable pour le développement. L'attentat à la liberté de dépenser son argent vient aggraver la faute de ne pas gérer convenablement son pays. 2) Je vois néanmoins un avantage. Les vacances des riches à l’intérieur du pays les rapprochent de ceux qui les jalousent. Les jaloux sont parfois des incapables, réduits à quémander. Le sentiment de culpabilité est parfois la seule faiblesse des délinquants économiques. Les quémandeurs vont aider les riches en leur enlevant toute culpabilité. On se décharge la morale au mois d’août auprès des jaloux et rendez-vous à Majorque au mois de décembre ? Allez, c’est parti !