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Traversées Mauritanides - La question de l’altérité est dans le débat littéraire depuis de longues années. Si avec les écrivains de la deuxième génération, elle est perçue sous l’angle de l’acculturation voire de la déculturation détestable, l’altérité apparaissait comme condamnable au nom de la défense d’une authenticité africaine revendiquée et d’un conservatisme aujourd’hui suranné, elle se lit depuis peu comme une donne majeure qui traduit la volonté et l’audace que l’on a d’aller dans la diversité, disons aussi, dans la mondialisation. Il était apparu dès lors difficile de construire les jeunes nations naissantes qui portaient déjà vers 1960, date des indépendances africaines, les signes de leur fragilité que mettait en exergue une diversité ethnique souvent difficilement conciliable ainsi qu’on peut le voir dans Une saison au Congo d’Aimé Césaire avec la sécession du Katanga qui est le premier grand défi auquel devait faire face le tout nouveau président de la République du Congo, Kala Lubu et surtout le premier ministre Patrice Lumumba, issu de la minorité ethnique, qui se trouvera au cœur d’un complot extérieur dont les complices sont ses collaborateurs internes.
AMI - L'assemblée générale de l'union des poètes et écrivains mauritaniens a élu, dimanche, au cours de son 10e congrès à l'ancienne maison des jeunes à Nouakchott, un nouveau bureau exécutif composé comme suit : - Président : Dr Mohamedou Ould Hadhana, - Vice-président : M. Ouled Nass Ould El Kory Ould Henoun, - Secrétaire général : M. Ahmed Ould ElWaled, Le congrès s'est déroulé sous la supervision d'un comité présidé par M. Ahmed Bamba Ould Mohamed Mahmoud, greffier à la chambre du tribunal civil de la wilaya de Nouakchott-Ouest et comprenant M. Cheikh Ould Bah, huissier et des membres de l'Union.
Mauriactu - Présenter l’œuvre de Beyrouk est à la fois chose ardue et aisée tant sa poétique est sauvage et élaborée, son écriture classique et moderne, ses thématiques simples et complexes. Je n’aborderai pas l’homme Beyrouk, vous le connaissez sans doute mieux que moi dans cette salle. En toute sincérité je ne l’ai découvert qu’en 2006 lorsqu’il publia son premier roman : « Et le Ciel a oublié pleuvoir » ; même si plus tard je saurai que d’autres liens autres que littéraires m’unissaient à lui. Mon intérêt pour l’écrivain me fera découvrir d’autres facettes de l’homme : le journaliste assoiffé d’indépendance, le penseur libre, le chroniqueur, le pionnier de la presse indépendante. J’avoue, à mon humble avis, que tous ces attributs de Mbarek** devenus aujourd’hui comme intrinsèques à sa personne, ne l’ont été que grâce à sa gloire littéraire.
Mauri Actu - En signant récemment son troisième roman, Le Tambour des larmes, Editions Elyzad, 2016, Monsieur Beyrouk confirme son talent de romancier. Par sa forme et sa thématique, cette œuvre vient renforcer la cohérence d’un univers imaginaire que cet écrivain bâtit consciemment ou inconsciemment autour de certaines figures féminines, autour de certaines images obsessionnelles d’un passé lointain et proche à la fois, d’un présent fortement imprégné de traditions et de mentalités séculaires, le tout sur fond d’une analyse approfondie des mutations sociales du pays, et porté par une poésie dont le lyrisme tempère parfois les évocations des situations les plus dramatiques. Ces thèmes et beaucoup d’autres sont pris en charge le plus souvent par des procédés narratifs assez originaux, tels que l’alternance entre les épisodes du passé et ceux du présent, l’enchevêtrement, la superposition des états de conscience et d’inconscience, la délégation de la voix narrative à la figure féminine qui, tout en racontant l’histoire et imposant ainsi son point de vue qui s’élargit parfois à la gent féminine ou du moins au groupe d’âge, fait de la femme et de ses différentes figures, l’élément essentiel du roman.
Mauri Actu - Parler de Beyrouk et de son œuvre est pour moi une entreprise intellectuellement ardue : Non seulement je dois séparer en moi entre l’homme et le critique littéraire, ce qui est déjà très difficile en soi, mais je dois aussi faire la distinction, autre difficulté de taille, entre un « ami véritable » suivant les termes de Montaigne et un écrivain dont mon rôle en tant que professeur est d’étudier les œuvres avec détachement et, autant que faire se peut, froide objectivité. Je réserve pour des occasions moins solennelles de parler de l’ami dont toute une vie de relations exemplaires à tous points de vue – Macha Allah – m’ont appris à apprécier les qualités humaines et je m’en vais parler de l’écrivain ; du prix Ahmadou Kourouma 2016. Mais puisqu’il s’agit d’un ami, vous imaginez sans doute l’embarras où je me trouve d’avoir à choisir entre encenser un talent qui n’a plus rien à prouver et proposer une lecture objective des manifestations textuelles de ce talent.
Adrar-Info - Chez les Maures ( et aussi chez les Halpulaars, les Soninkés, les Wolofs, sous des formes un peu différentes) il existe tout un code de conduite qui a valeur de loi ; et qui, comme toute loi, codifie des frontières, des deadline à ne pas dépasser, des mépris pour ceux ou celles qui les transgresseraient, des « punitions », des rejets… Ou, à l’inverse, des récompenses morales. Cet ensemble de règles instituées par la société s’appelle la Sahwa, la pudeur. Elle stratifie les comportements. Elle codifie. Elle cisèle les relations entre tous les membres d’un groupe, d’une fratrie, d’une famille, d’une tribu et, par delà, entre habitants du même espace socio culturel. Elle est Force et pression. Elle est culpabilité et bienséance. Elle est le centre de tout et les frontières des autres. Dès la petite enfance elle nous est enseignée comme un mantra, afin de nous préparer à la vie en société ou, plutôt, aux multiples vies en société. Tout y est bien codifié : que peut on faire devant tel ou tel membre de la famille, à qui peut on parler, qui peut on regarder dans les yeux, comment se comporter, comment dire, comment effectuer les mille et une gestuelles quotidiennes, etc…
Mauriactu - Hier soir à Nouakchott, au restaurant "Le Délice", l’association des Ecrivains Mauritaniens d’expression française a organisé une cérémonie pour rendre hommage au romancier M’Barek Ould Beyrouk et célébré le « Prix Ahmadou Kourouma » qu’il a obtenu. La manifestation a connu la présence d’écrivains, de journalistes, d’hommes de culture et de diplomates dont l’ambassadeur de France. Plusieurs intervenants se sont succédé à la tribune. Nous publierons certaines de leurs communications que nous commençons par le discours du Président de l’AEMEF, l’universitaire Mohamed Ould Bouleiba, professeur de littérature générale et comparée (Université de Nouakchott) :
Traversees-Mauritanides - Administrateur, et doctorant en littérature africaine à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, au Sénégal, Bocar Mamadou DIA alias Bocar Baïdy planche sur Amadou Hampâté Bâ. On sait l’intérêt de ce dernier pour la conservation des traditions orales, et de leur passage à la postérité par le champ de l’écrit. Et il disait, à juste titre : « Ce n’est pas pour « conserver des idées dans une bibliothèque » que j’écris, mais au contraire pour assurer la plus large diffusion possible de nos valeurs traditionnelles, afin que chacun puisse s’y référer, méditer et, peut-être, ajouter et créer. » Vous aurez compris l’intérêt de Bocar Baïdy pour celui qui se disait simple « devancier », et que tous appellent « le sage de Bandiagara » l’élevant au même statut que son maître Tierno Bokar. Pendant longtemps, la culture de l’oralité a constitué le socle et le réceptacle des traditions africaines. Nonobstant, ignorant cette richesse culturelle, d’aucuns prétendent reléguer le continent noir à la barbarie en soutenant gratuitement que « les Africains ne sont pas assez entrés dans l’histoire[1] ».
Traversées Mauritanides - Trois écrivains mauritaniens, Mamoudou Lamine Kane, Mariem Mint Derwich et Aïchetou Mint Ahmedou ont pris part à la 4e édition des rencontres Euromaghrébines, sous l’égide de la Délégation de l’Union Européenne, du 4 au 6 mai 2016 à Sidi Bou Said en Tunisie. La thématique générale a porté sur "Littérature et dialogue". Dans un panel, la romancière Aïchetou Mint Ahmedou (La Couleur du Vent, Ed 15/21, 2014) a présenté une communication que nous reproduisons. Je suis très heureuse et très honorée de faire partie de cette prestigieuse assemblée. Je remercie Mme l'ambassadrice Laura Baeza de m'avoir si généreusement invitée. Je remercie aussi Mariem mint Derwich de m'avoir encouragée à parler en public, bien que j'aie toujours le trac.
Le Calame - Il faut souvent gratouiller le vernis d’une polémique pour en trouver l’objet réel. Il y a tout autre que des blessures d’ego, dans le cri de Mariem et l’ironie de Mamadou Kalidou : une incompréhension, profonde, de l’Autre ; l’expression d’une fosse, insensée, entre ce qui se vit et ce qui le représente. Aussi dépourvue de sens soit-elle, cette fosse, il faut bien, pourtant, qu’elle ait été fouillée. Par qui ? Pourquoi ? Un système est à l’œuvre, sournois ; il sépare les enfants, de porte en porte, au pas où de chaque, chacun voit son midi, jusqu’à faire carrière, comme on creuse sa tombe : troufions ou généraux, béotiens ou savants, artistes ou scientifiques, variablement vivants, variablement compétents, variablement reconnus… Métisse, c’est dans sa chair, son âme, ses joies et ses peines, quotidiennes, que Mariem vit sa francophonie mauritanienne. Une franco-mauritanité un peu plus passionnée, donc, que la gouailleuse mauritanitude francophone d’un Habib Ould Mahfoud, 100% pur zrig, lui, mais qui la rejoint dans l’impertinence d’une langue sans « bande-à-cul » (1).
Le Calame - Bayakhouba Koita est né à Nouakchott en Mauritanie, en 1986. Après avoir publié son premier roman intitulé Direct 24 heures, il revient avec un projet haut et époustouflant comme on a rarement vu dans la littérature moderne. Par son style propre, ce jeune écrivain dégage déjà une aisance expressive et une maîtrise narrative très développées qui le propulseront, à coup sûr, vers d’autres succès. Où habitez-vous ? J'habite à Paris. Présentez-nous votre ouvrage? Oui. Il s'agit de mon deuxième ouvrage. Il s'agit encore d'un polar sauf que là, c'est un polar noir alors que mon premier livre en l'occurrence "Direct 24 heures" était un thriller, un thriller 2.0 si je peux me permettre ainsi! Ce dernier était inspiré de faits réels alors que "Coup d'État" lui, est le produit d'une pure fiction.
Traversées Mauritanides -Le roman mauritanien apparaît au début des années 1980. Professeur de littérature à l'Université de Nouakchott, M'Bouh Séta Diagana nous parle de sa longue marche. « Est-ce qu’il y a une littérature mauritanienne ? », « Depuis quand écrit-on en Mauritanie ? », « Quelles sont les œuvres mauritaniennes ? », « Qui en sont les auteurs ? » Telles sont, en substance, les questions que l’on nous pose lorsqu’on se présente comme chercheur en littérature mauritanienne francophone. Si ces interrogations peuvent paraitre parfois déconcertantes, souvent lassantes, elles n’en demeurent pas moins toujours légitimes, tant cette littérature demeure jeune et méconnue.
Mauri Actu - À l'aube de l'industrialisation forcenée, au zénith de l'individualisme à outrance, le monde souffre d’un mal-être général. Espérons que le dialogue des cultures sera un remède efficace ou au moins un baume bienfaisant. En attendant, le monde est un nid de replis identitaires, d’intolérance et de conflits, précurseurs de la tragédie des peuples. La littérature devra enraciner la culture du dialogue et instaurer le dialogue des cultures. Pour moi, c'est un grand cri d'amour qui traverserait les siècles et les frontières. Une porte frappée, un cœur ouvert, un formidable élan de générosité et de désintéressement. Un lien est créé entre deux esprits et deux cœurs. S'entendre avec son semblable sur le bien commun, sur les valeurs fondamentales qu’on doit partager sûrement. Un regard neuf est promené sur les êtres et les choses. Une incitation au bonheur.
Pr Ely Moustapha - « Tu ris, tu ris chameau... Et tu as tort. Parce qu’au fond cette vie me plaît. Parce que ce n’est qu’une transition. Parce qu’elle disparaîtra d’elle-même. Parce que la situation est difficile mais pas désespérée…Parce que des hommes et des femmes croient toujours en leur pays, malgré la rhétorique imbécile, malgré le discours nébuleux, les idéologies périmées, les analyses tautologiques » (« Lettre ouverte à mon chameau ». Habib Ould Mahfoud) La récente « Anthologie de littérature mauritanienne francophone », serait-elle « boguée » ?
Cridem Culture - Soufi, le mystique qui faisait peur de Brahim –Bakar Ould Sneiba est un roman surprenant, à la fois par son sujet et par son écriture. En effet, alors qu’il romance l’histoire vraie d’un mystique africain en prise avec l’administration coloniale française au début du siècle dernier, sujet en lui-même novateur en littérature mauritanienne, il le fait avec le style, le jargon et les envolées martiales d’une narration guerrière. Et pour rendre ce cocktail inédit encore plus singulier, l’auteur trace, avec une précision délicate, une galerie de portraits de personnages issus des deux univers de la mosquée et de la caserne. Le résultat est une sorte de "Vie de saint" au XXème siècle aux allures d’une "Chanson de geste".
Cridem Culture - Il est difficile de vouloir dégager la quintessence du premier roman de Brahim-Bakar Ould Sneiba en seulement quelques lignes. L’envergure de la problématique (le soufisme) et la profondeur du traitement qui en a été fait par l’auteur, imposent à tout critique sérieux le développement d’une réflexion conséquemment structurée sur au moins une dizaine de pages. Mais en attendant d’avoir tout le loisir de me livrer à une telle analyse, j’ai pensé qu’il était peut-être utile de partager, avec ses premiers lecteurs, ces quelques pistes d’entrée dans cette œuvre. Le titre du roman – Soufi. Le mystique qui faisait peur – bien que très pertinent par rapport au contenu de l’œuvre, peut pourtant, par ailleurs, laisser croire au lecteur que ce roman traite d’une problématique ancienne, voire dépassée par les agendas de l’actualité littéraire en ces débuts du troisième millénaire. Le Soufisme relève, en effet, de cette pratique de l’Islam qui privilégie la vie de l’esprit sur celle du corps.
Mamadou Kalidou BA - Après sa parution il y’a de cela deux semaines, aux éditions Joussour/Ponts, l’Anthologie de littérature mauritanienne francophone a fait l’objet d’une présentation en amphithéâtre, à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’université de Nouakchott, le jeudi 26 mai 2016. La veille de sa présentation, j’avais accepté la proposition de Bios Diallo qui souhaitait que je réponde à certaines interrogations pour vulgariser l’ouvrage. Je crois que c’est la publication de cette interview qui a déclenché une polémique surprenante à propos de ce livre. Une polémique qui s’est amplifiée au fil des jours au point de surprendre toute la communauté universitaire, habituée, il faut bien le dire, à travailler dans l’ombre sans jamais qu’ailleurs, on s’intéresse à notre actualité scientifique.
Le Calame - Je me suis posé la question de savoir si je devais m'adresser à vous et si mes mots à venir valaient cette chronique. Non pas que les mots me fassent peur, vous me connaissez assez bien, en tant que femme en écriture, pour deviner que les mots et moi, c'est une longue histoire. En premier lieu, laissez-moi préciser quelques petites choses qui ont leur importance : ce que je vais dire ne concerne pas les magnifiques auteurs que vous avez choisis. Certains, comme Ousmane Moussa Diagana, m'ont accompagnée, profondément. Cette lettre s'adresse à vous, aréopage auto-désigné, qui vous êtes arrogés le droit de vie ou de mort littéraire en décidant qui est un écrivain francophone et qui ne l'est pas. Oui, oui, je sais, il paraît que c'est une question de dates et de publication sous forme de livre-papier.
Culturim - La salle des réunions du Restaurant Délices a abrité, samedi 28 mai 2016, une cérémonie de présentation-dédicace de Soufi, le mystique qui faisait peur de Brahim-Bakar Ould Sneiba, paru aux éditions Thala d’Alger. La manifestation qui a été organisée par l’Association des Ecrivains Mauritaniens d’Expression Française (AEMEF) a été l’occasion pour plusieurs professeurs et critiques littéraires de prendre la parole, donnant leur lecture de l’œuvre et appréciant le talent de l’auteur. Ainsi, le Dr. Mbouh Séta Diagana, professeur de littérature à l’Université de Nouakchott a dit que la parution de Soufi, le mystique qui faisait peur en concomitance avec le prix Ahmadou Kourouma décerné à Mbareck ould Beyrouk et la parution de l’anthologie de la littérature mauritanienne francophone, vient confirmer la dynamique de la littérature mauritanienne francophone.
Le Calame - La polémique enfle. Sur les réseaux sociaux comme sur la minuscule scène culturelle mauritanienne, la divulgation, en catimini, de l’anthologie de la littérature mauritanienne d’expression francophone fait la Une, au grand dam de ses compilateurs, le Groupe de Recherches en Littératures Africaines (GRELAF). C’est avec l’appui de l’ambassade de France en Mauritanie, par l’entremise du projet Appui au FRAnçais en Mauritanie (AFRAM) que le GRELAF a sélectionné trente-quatre œuvres (romans, poésies, théâtres et nouvelles) de dix-neuf auteurs (1). Un parrainage synonyme de parti pris ? « Censé combler un immense déficit », de l’avis de Kalidou Ba, « celui du traitement et de la vulgarisation de la littérature mauritanienne de langue française, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays », l’ouvrage pèche, il est vrai, par l’oubli de nombreux auteurs.